Un officiel congolais et un éleveur parlent de la transhumance au Kwango sur une radio privée

La présence de millier de bêtes dans la province du Kwango, voisine de Kinshasa, la capitale congolaise,  a provoqué une grande vague de curiosité for

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La présence de millier de bêtes dans la province du Kwango, voisine de Kinshasa, la capitale congolaise,  a provoqué une grande vague de curiosité fortement teintée de méfiance. Les kinois ont du attendre le reportage de radio Top Congo de ce matin 22 février 2018 pour en apprendre un peu plus sur un sujet drôlement mystérieux à Kinshasa suite à un mutisme étrange des autorités centrales, après le silence des autorités des provinces traversées par les bouviers et leurs bêtes venus de l’Est de la République Démocratique du Congo.

un troupeaux des zebus

En réponse aux questions de l’envoyé de cette radio privée, le gouverneur du Kwango, Larousse Kabula, s’en est fortement pris aux journalistes qui, selon cette autorité provinciale, ont affabulé sur un fait mineur, la transhumance de milliers de bêtes accompagnées de centaine de bouviers. Il a précisé que le nombre de bêtes en transhumance au Kwango est estimé à plus de mille deux cent bêtes installées dans divers sites de son territoire. La première équipe est à Bukanga Lonzo, à quelques  150  km de Kinshasa et la dernière est un peu plus loin  à Masamuna. Un représentant des éleveurs, s’exprimant en français, a déclaré qu’ils ont obtenu des documents de voyage dans la province de Tanganyika au départ, qu’ils ont côtoyé la population de manière pacifique au Kasaï et acheté à manger auprès d’elle. Au Bandundu, ils louent des pâturages aux chefs coutumiers.

Volonté des officiels de banaliser la transhumance  

Le gouverneur du Kwango a voulu banaliser les faits les qualifiant d’habituels oubliant un peu vite qu’une transhumance d’une telle ampleur est une première en RDC. Des déplacements de bêtes sont réguliers au pays mais seulement dans les provinces et entre provinces voisines. Deux milles km traversés d’un trait n’est pas banal. Le gouverneur du Kwango s’est confié à cette radio privée alors qu’une délégation gouvernementale venue de Kinshasa est dans ses murs pour enquête. Le gouverneur a cependant reconnu des frictions entre éleveurs et agriculteurs du coin. Toutefois, une large opinion lui reproche  d’avoir trop longtemps attendu pour éclairer la lanterne des citoyens. Pour les Kinois en particulier et les Congolais en général, la gestion de cette affaire est catastrophique car les autorités centrales ont traîné laissant libre cours à toutes les analyses et  spéculations  plus ou moins farfelues.   En attendant, le gouverneur du Tanganyika cité par les éleveurs comme les responsables politiques des territoires traversés au Kasaï ne se sont pas exprimés.

Scepticisme tenace des auditeurs de radios de proximité et des citoyens lambda

Le scepticisme  des auditeurs et des Kinois en général  ne s’est pas atténué. Les appels des  téléphones reçus dans les centrales des radios de proximité expriment toujours une forte méfiance et parfois la peur d’un trouble à venir dans la capitale. La psychose sur la capacité de nuisance du peuple éleveur de l’Est règne à Kinshasa. L’écho de  guerres à l’Est du pays depuis plus de dix ans entre éleveurs et agriculteurs dans cette région parfois avec la participation des pays voisins  ne rassure pas une opinion tétanisée. Les accusations de trahisons avec des peuples extérieurs augmentent la hantise de voir survenir à Kinshasa des règlements de compte entre voisins de parcelle dans une ville qui n’a pas la tradition de conflits résolus  par les armes.   D’aucuns, dans les bus et endroits publics, n’hésitent pas à craindre une manœuvre d’un camp politique pour semer le trouble en fin 2018  et renvoyer les élections à l’année prochaine.  Ils se posent la question de la traversée des rivières sans ponts que sont le Lualaba et la Lomami, des véritables fleuves en Europe. Ces deux rivières prennent leurs sources au Katanga pour rejoindre le Fleuve Congo dans l’ex-Province Orientale, deux barrières naturelles.  Les rivières Sankuru, Lulua et Kasaï sont aussi importantes. Les contradicteurs  avancent aussi comme arguments que la vente de bêtes à plus de deux mille km de leurs pâturages habituels n’est pas plausible, et ceci malgré les déclarations des représentants des éleveurs sur les ondes des radios de proximité.  Ceux-ci assurent vouloir vendre à plus de 2.000 dollars par tête de bétails.

Avant la prise de parole des autorités provinciales, le Professeur Kin Kiey, député de la majorité à Masimanimba, territoire traversé par le cheptel venu de l’Est, a assuré la veille, le mercredi 21 février 2018 qu’une communication de réaction n’est pas bonne. Elle  convainc  difficilement, selon le professeur.

Rombaut Kamwanga

 

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