Un discours bilan et projecteur, Félix Tshisekedi a tout dit au Parlement

Un discours bilan et projecteur, Félix Tshisekedi a tout dit au Parlement

Après son discours d’investiture, le 24 février dernier devant la Cour constitutionnelle au Jardin du palais de la Nation, le Président Félix Tshiseke

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Après son discours d’investiture, le 24 février dernier devant la Cour constitutionnelle au Jardin du palais de la Nation, le Président Félix Tshisekedi s’est adressé à la nation devant les deux chambres du Parlement réunies en congrès, le vendredi 13 décembre 2019, soit 9 mois et 11 jours de son arrivée à la magistrature suprême.

Tous les corps constitués étaient représentés. La séance a été présidée par la présidente de l’Assemblée nationale, Jeannine Mabunda. La décision portant convocation du Parlement en congrès, a été lue par le rapporteur  de l’Assemblée nationale à l’ouverture de la séance.

L’arrivée du Chef de l’Etat au Parlement pour son discours sur l’Etat de la nation

Le Chef de l’Etat, Félix Tshisekedi a prononcé son discours sur l’Etat de la nation, dans lequel il a touché tous les points de la vie nationale. Etant une obligation constitutionnelle prévue à l’article 77, le discours du Chef de l’Etat est resté sans débat à l’hémicycle où 403 députés nationaux et 82 sénateurs ont répondu présents sur les 609 représentants des deux chambres.

Débout à l’instar du Maréchal Mobutu, le chef de l’Etat Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo a parlé pendant 2h34 sur la vie nationale.

Appel à l’unité

Dans son introduction, le Chef de l’Etat a exhorté aux congolais, leaders politiques en particulier, à protéger cet acquis historique, «car le Congo, notre héritage commun, doit devenir, grâce à l’apport de tous, un havre de paix et de prospérité, une Nation puissante et modèle au cœur de l’Afrique, avec comme vocation de contribuer à l’éclosion d’une humanité responsable. Pour nous, Congolais, il est temps de  mettre fin à ce paradoxe d’être considéré comme un des pays potentiellement les plus riches du monde et dont les populations sont parmi les plus pauvres de la planète». Pour le Chef de l’Etat, «nous sommes un peuple des bâtisseurs, avec une capacité de résister aux catastrophes et de rester debout face à l’adversité».

« Nous honorons un Congo réconcilié. Notre Nation ne sera plus un Congo de la division, de la haine ou du tribalisme. Nous avons affirmé la volonté de construire un Congo uni et fort dans sa diversité culturelle et son attachement à la mère patrie. Un Congo tourné vers son développement dans la paix et la sécurité. Un Congo pour tous dans lequel chacun mérite sa place ». a-t-il prévenu.

La sécurité, tous les moyens pour vaincre l’ennemi

Le Chef de l’Etat reçoit les honneurs militaires et s’incline devant le drapeau national

En sa qualité de Commandant suprême des forces armées et de la police nationale, le Chef de l’Etat a rendu un hommage à nos vaillantes forces armées qui sont en pleine opération à Beni, au Nord-Kivu, où est installé l’Etat-major avancé des FARDC.

« La situation qui nous préoccupe encore est celle prévalant dans le Grand Nord à Beni et Butembo, dans l’Ituri, dans une partie du Sud Kivu, dans les hauts et moyens plateaux de Minembwe, Uvira, Baraka et Fizi, auxquels il convient d’ajouter les cas de Shabunda et de Kalehe.

Pour ce qui est de Kalehe, je voudrais ici saluer le savoir-faire de nos Forces armées qui viennent de détruire à plus de 95% les bases des forces négatives du CNRD avec un bilan de plus de 1 712 capturés parmi lesquels 245 combattants et 10 leaders politiques de ce mouvement nuisible », a-t-il expliqué.

Le Chef de l’Etat a annoncé avoir procédé au changement de tout le commandement de la zone opérationnelle et relevé tous les militaires comme n’a cessé de réclamer la population.

« Les 11 000 militaires qui étaient présents dans cette zone ont été remplacé, en prime, par 21 000 hommes. Et pour ne rien laisser au hasard, nous avons formé une Brigade d’intervention rapide et des forces spéciales qui se trouvent actuellement déployées dans cette partie du territoire pour garantir la victoire à nos forces armées. Tous les moyens ont été mis en œuvre pour vaincre l’ennemi.

Les unités supplémentaires de la Police Nationale Congolaise ont été déployées dans des grandes agglomérations de Beni conquises par les FARDC pour la sécurisation des populations », a annoncé le Président de la république.

Des hommages aux uns et autres

Félix Tshisekedi prononçant son discours devant les deux chambres réunies en congrès

Il a salué la mémoire des compatriotes qui ont succombé à la suite des barbaries sans nom de la part des groupes terroristes et des forces négatives ; de tous ceux qui, à travers le pays, ont perdu la vie à la suite d’incendies des maisons, des maladies à virus Ebola, des catastrophes naturelles, d’inondations au Nord et Sud-Ubangui, à Kinshasa et dans d’autres provinces du pays.

Félix Tshisekedi a  rendu hommage à celui qu’il a appelé « prédécesseur et frère ». Joseph Kabila, l’ancien président de la République. Il a appelé à la solidarité et à l’unité parce que, dit-il, son arrivée au pouvoir n’est pas la victoire d’un camp contre un autre. Il s’est également féliciter de la coalition mise en place entre sa plateforme et celle de l’ancien président. Il a aussi rendu hommage  à « Nos pères fondateurs qui ont versé de leur sang pour notre indépendance. Certains, à leur suite, comme le docteur Etienne Tshisekedi Wa Mulumba, d’heureuse mémoire, ont enduré des décennies de sacrifices pour l’éclosion de la démocratie et du progrès social », a-t-il reconnu.

Hommage mérité à l’Église Catholique 

Après le discours, Félix Tshisekedi et la première dame posent avec le cardinal Fridolin Ambongo 

Félix Tshisekedi ne pouvait pas continuer son discours sans rendre hommage à l’Église catholique et reconnaître le rôle joué par la Conférence Episcopale nationale du Congo (CENCO) pour aboutir à l’organisation des élections du 30 décembre 2018.

« Je voudrais, par la même occasion, saluer l’action de l’Eglise Catholique à travers la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) qui nous a accompagné ces dernières années pour que nous puissions atteindre les objectifs que nous nous sommes fixés le 31 décembre 2017 dans le cadre de l’Accord de la Saint Sylvestre.

Avec elle, nous nous sommes attelés à vider, dès les premiers jours de la prise de mes fonctions, toutes les questions permettant aujourd’hui une décrispation totale de l’environnement politique. J’y associe les autres Confessions religieuses qui, par leurs prières et leur encadrement, nous ont toujours accompagnés dans la grande œuvre de réconciliation que nous avons amorcée », a dit Félix Tshiseked qui a également appelé la société civile « à s’adapter au nouveau contexte et à s’inscrire dans la dynamique de la réconciliation.».

Porte-parole de l’opposition

Concernant l’opposition, Félix Tshisekedi a rappelé son rôle pour la bonne marche des institutions, il a même souhaité que le processus de désignation du porte-parole de l’opposition s’accélère au Parlement pour, dit-il, avoir un contradicteur attitré.

Il a fait savoir que cette première année de son mandat a été marqué par l’installation des institutions Président de la République, Assemblée Nationale, Sénat, Assemblées provinciales et Gouvernements provinciaux.

Vers le retour à une présidentielle à deux tours !

Députés et sénateurs suivent attentivement le Chef de l’Etat

Le chef de l’État a relancé l’idée d’une réforme du texte fondateur de la RDC sur plusieurs points, parmi lesquels, le retour à une présidentielle à deux tours longtemps réclamé par l’opposition : « De même, honorables  députés et sénateurs ne devons-nous pas nous interroger sur les avantages du rétablissement du deuxième tour de l’élection présidentielle de manière à ce que le vainqueur puisse être revêtu de la légitimité suffisante pour appliquer sa vision, partant d’une posture de rassemblement et être comptable devant le peuple. Aujourd’hui, je pense que nous devons nous satisfaire de ce que nous avons pu accomplir grâce à cette Constitution. C’est pourquoi, nous veillerons, vous et moi, à ce que personne ne touche à des dispositions intangibles ou verrouillées ».

Le président Tshisekedi a aussi appelé les députés à revoir le mode de scrutins des élections indirectes, gouverneurs et sénateurs, notamment en raison, a-t-il souligné, d’allégations de corruption sur les scrutins de 2018 : « Ne nous voilons pas la face : vous et moi, nous sommes conscients qu’il y a des choses qui ont choqué la conscience collective. »

Coût de la vie en 2019

S’agissant de l’évolution du coût de la vie, le président de la République précise que  l’année 2019 devrait se terminer par une hausse modérée du niveau général des prix, soit 4,3 % au niveau national contre 7,7% en 2018.

Sur un autre plan, l’exécution du budget de l’État, arrêtée le 10 décembre 2019, dégage des recettes de 6.614 milliards de FC contre des dépenses de 7246 mil- liards de FC. Il en résulte un déficit cumulé de 632 milliards de FC.

« Je tiens à relever un changement important de la Politique Budgétaire depuis l’avènement du nouveau gouvernement à dater du 26 aout 2019. Grâce à une bonne maitrise du Budget, le déficit mensuel, établi en moyenne à 53 milliards de FC, entre janvier et le 10 septembre 2019, est passé à 31,5 milliards de FC » a démontré le Chef de l’Etat.

Gratuité de l’enseignement primaire

Le Chef de l’Etat a précisé qu’il a ordonné la mise en œuvre de la gratuité de l’enseignement primaire dans les établissements publics, et ce, conformément à l’article 43 de la Constitution.

« La gratuité de l’enseignement primaire consiste en la suppression de tous les frais de scolarité payés par les parents. Il s’agit du minerval, d’assurance scolaire, de bulletins, d’identification des élèves et des frais de test national de fin d’études primaires. Tous ces frais ont été totalement pris en charge par l’Etat.

Par ailleurs, en vue de mettre fin à la prise en charge des enseignants par les parents, sur mon instruction, le Gouvernement a procédé, depuis septembre 2019, au réajustement des rémunérations du personnel enseignant ainsi que des frais de fonctionnement des écoles et Bureaux gestionnaires. Il sied de noter que depuis lors, aucun retard de paiement de salaire n’a été enregistré », a dit Félix Tshisekedi.

Réaction favorable de l’Eglise Catholique

A la fin de discours du chef de l’Etat, le Cardinal Fridolin Ambongo Besungu a réitéré l’engagement de l’Eglise Catholique romaine à soutenir le nouveau président.

« L’engagement de l’Eglise Catholique est d’apporter sa pierre de construction dans l’édification de notre pays. Nous adhérons à ce qu’il a dit comme programme. Mais, que cela ne s’arrête pas au niveau des discours comme nous l’avons entendu aujourd’hui. Que ce discours soit transformé, concrétisé en programme réel qui aide le peuple à sortir de sa misère actuelle », a déclaré le Cardinal Fridolin Ambongo à la presse.

Gel Boumbe

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