Messe de Noël 2019 : Les inquiétudes des évêques de la CENCO sur des questions brûlantes de société

Messe de Noël 2019 : Les inquiétudes des évêques de la CENCO sur des questions brûlantes de société

La nativité de l’Enfant-Jésus a été célébrée avec faste dans les 47 diocèses que compte l’Eglise-Famille de Dieu en République Démocratique du Con

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Mgr Donatien Bafuidinsoni : « Cette mort atroce nous renvoie (à) l’image de notre propre société, de notre propre pays. »

Une attitude des évêques de la CENCO lors d’une Assemblée plénière au Centre d’accueil Caritas à Kinshasa (ph. presse Cenco)

La nativité de l’Enfant-Jésus a été célébrée avec faste dans les 47 diocèses que compte l’Eglise-Famille de Dieu en République Démocratique du Congo (RDC). A cette occasion, les évêques ont présidé des célébrations eucharistiques dans la nuit du mardi 24 et la journée du mercredi 25 décembre 2019 dans leurs diocèses respectifs.

Au cours de ces messes, les évêques ont adressé des messages de Noël à leurs fidèles et aux personnes de bonne volonté mais aussi exprimé leurs inquiétudes sur des questions brûlantes d’actualité en RD Congo notamment la dégradation de la situation sociale et surtout l’insécurité grandissante dans la partie Est du pays. C’est le cas de Mgr Cyprien Mbuka, évêque de Boma dans la province du Kongo-Central et de Mgr Donatien Bafuidinsoni, évêque d’Inongo dans la province de Mai-Ndome à l’Ouest de la RD Congo.

Dans son homélie dite en l’Eglise Cathédrale Notre Dame de l’Assomption, Mgr Mbuka s’est appesanti sur la « fidélité de l’engagement ». Il a de ce fait, appelé tous chrétiens, mariés, religieux, de religieuses, diacres et prêtres et députés à être des exemples de fidélité de leur engagement. Insistant sur les députés, en référence à l’actuelle tension au sein du gouvernement provincial du Kongo-Central, l’évêque de Boma les a exhortés à ne pas « bafouer les valeurs républicaines et la dignité de la Province par souci d’avantages personnels ». « Une assemblée parlementaire vote des lois pour sauvegarder les intérêts des membres aux détriments d’une bonne partie des citoyens. Oui, chers frères et sœurs députés, aux élections, vous avez promis d’aider le peuple, et c’est pourquoi il a voté pour vous. Vraiment, est-ce que c’est bien d’abandonner ce peuple dans ses souffrances, de le faire humilier dans votre manière de travailler et de vous comporter ? Quel exemple de vie et d’engagement allez-vous léguer à vos jeunes frères et sœurs ? », s’est-il interrogé.

« Noël, c’est la fête de la vie et non de la mort »

Dans un autre registre, Mgr Bafuidinsoni dans son homélie intitulée : « Jésus la vraie lumière qui éclaire tout homme en venant dans le monde » (Jn 1,9), a, pour sa part, exprimé ses inquiétudes sur les massacres à l’Est de notre pays, qui, selon lui, est « devenu un fait divers » en ces termes : « Noël, c’est la fête de la vie et non de la mort. Dans notre pays, pendant que nous célébrons la vie, d’autres provoquent la mort, sèment la désolation. La mort, pas seulement physique, mais aussi spirituelle ou morale en tuant les valeurs sur lesquelles se fonde une nation ou se construit une société des hommes responsables et honnêtes. Il suffit de penser à ce qui se passe à l’Est de notre pays. Et combien et comment nous vivons dans une indifférence certaine face à tous ces massacres au quotidien. Cela devient un fait divers ».

Poursuivant avec son sermon, l’évêque d’Inongo a condamné la culture de la mort gratuite qui s’installe en RD Congo : « On tue. On compte les morts et puis rien. Personne ne veut poser les vraies questions et aborder les causes de la souffrance de nos frères et sœurs à l’Est, mais aussi partout où l’on tue et l’on sacrifie des vies humaines, par la guerre pour des intérêts égoïstes, pour diviser les populations et ravir leurs terres ».

Mgr Bafuidinsoni a aussi estimé que « Noël sera Noël quand nous qui venons prier en cette nuit (en ce jour), nous serons réellement capables à entraîner les autres à redonner le sourire aux pauvres, aux marginalisés, comme ces enseignants qui souffrent parce qu’ils ne sont pas payés ou ne reçoivent pas un salaire digne alors qu’ils travaillent et peinent chaque jour pour apprendre à nos enfants à lire, à écrire et à calculer, sans parler de ces fonctionnaires dont les chefs détournent le salaire, ou de cette pauvre maman vendeuse de poisson à laquelle le policier ou la maman catholique perceptrice au port ou à différents barrages rackette (de) l’argent ou la marchandise comme droit de passage ».

Junior Kitambala

 

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