Message de l’Assemblée Episcopale de Bukavu : « Nous refusons de mourir »

Message de l’Assemblée Episcopale de Bukavu : « Nous refusons de mourir »

A l’issue de leur session ordinaire tenue du 14 au 20 mai 2018 à Goma, les Archevêques et Evêques membres de l’Assemblée épiscopale provinciale de Buk

Message de Pâques de Son Excellence Monseigneur Fridolin AMBONGO BESUNGU, Archevêque Métropolitain de Kinshasa, Pâques 2019
Mgr Kasanda exhorte les candidats catholiques aux prochaines élections d’adopter une attitude pacifique
Message de solidarité de Conférence Episcopale Nationale du Congo à la population de Béni ville, du territoire de Béni, de Butembo et de Yumbi

A l’issue de leur session ordinaire tenue du 14 au 20 mai 2018 à Goma, les Archevêques et Evêques membres de l’Assemblée épiscopale provinciale de Bukavu (ASSEPB), ont adressé un message d’espoir aux fidèles catholiques et à la population congolaise : « Nous refusons de mourir, nous récusons à quiconque le droit de nous étrangler », a déclaré l’épiscopat de cette province ecclésiastique.

 d'une Assemblée à Kinshas

Une vue des évêques de la CENCO lors d’une célébration eucharistique à Kinshasa

Ces responsables ecclésiastiques de l’Est de la RDC ont profité de l’occasion pour dresser un bilan totalement négatif de la situation sociopolitique dans leur région tout en reconnaissant un certain respect du calendrier électoral par la Commission électorale nationale indépendante (CENI), mais ils ont dénoncé avec véhémence l’incurie dans la gestion de la chose publique par des hommes politiques congolais.

Les inquiétudes de l’épiscopat

Sur le plan sécuritaire, l’Assemblée de la province ecclésiastique de Bukavu fustige l’idée d’une pétition initiée récemment par une poignée d’individus pour un éventuel démembrement de la province du Nord Kivu. Pour ces religieux : « Une certaine tendance politique aux intentions sans doute inavouées, est en train de pousser au morcellement et à l’éclatement de la Province pour ses intérêts particuliers, au mépris de la volonté de la population soucieuse de l’unité de la province dans une RD Congo unie ». Pour ces évêques, il y a risque d’aller vers l’émiettement de tout le pays.

« En plus, cette initiative pernicieuse ne donnerait-elle pas un mauvais signal politique pour l’ensemble du pays: l’institutionnalisation de l’esprit de tribalisme, de division et d’exclusion qui relève de la même logique que celle de la sécession ? N’y a-t-il pas danger d’attiser les rivalités interethniques avec ce que cela pourrait entraîner comme violence, purification ethnique et autres crimes contre l’humanité généralement liés aux situations de guerre ? Cette dynamique pourrait aussi bien nous conduire au seuil des violences et atrocités comme on en a connu récemment ici et ailleurs: dans le territoire de Beni, en lturi, au Nord Katanga, au Kasaï (…). Entretemps, les leaders promoteurs du projet seront à l’abri ailleurs, et de manière cynique, vous demanderont les nouvelles par téléphone. De là ils s’informeront sur le bilan pour voir l’usage politique qu’ils peuvent en faire afin de conquérir le pouvoir ou le conserver », s’inquiètent les évêques.

Et les ecclésiastiques ne s’arrêtent pas là. Ils évoquent « la gestion de la chose publique au détriment des populations», « l’asphyxie de l’économie par une fiscalité aberrante »,  « la terreur active ou passive contre la population comme mode de gestion du pouvoir.

Message de réconfort  aux fidèles catholiques et au peuple congolais

Malgré une sérieuse megestion de la chose publique, les Evêques estiment que «  Notre pays est placé face à ses responsabilités, en ce moment décisif des élections générales. Comme souverain primaire, nous sommes en présence d’une classe politique tentée par le bradage de nos ressources, par l’incurie dans la gestion de notre patrimoine commun, par la compromission avec des prédateurs externes qui nous dépouillent et nous asphyxient, restons vigilants et barrons la route à leurs plans obscurs. Nous vous invitons donc au discernement, au débat démocratique constructif et à l’engagement politique efficace ».

Enfin, ils recommandent à tous les congolais de « ne pas céder au fatalisme. Il est temps de construire notre propre histoire. Travaillons ensemble à bâtir une nouvelle culture de paix, de citoyenneté et de fraternité », ont-ils conclu.

Junior Kitambala

 

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