Marche réprimée à Kinshasa par les forces de l’ordre : six morts

Marche réprimée à Kinshasa  par les forces de l’ordre : six morts

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Après l’unique messe de ce dimanche 21 janvier 2018, les fidèles catholiques de la capitale se sont mis en route pour une marche pacifique en vue réclamer l’application effective, intégrale et de bonne foi de l’Accord de la Saint-Sylvestre. Une marche initiée par le Comité Laïc de Coordination, le CLC,  et qui a été violemment réprimée à divers endroits par les forces de l’ordre. Le bilan provisoire dressé par la mission onusienne en RDC, la Monusco, fait  état de 6 personnes tuées, 57 blessés et plus de 100 arrestations sur l’ensemble du pays. Aux antipodes, la police nationale congolaise évoque 2 morts.

 

Répression de la marche du 21 janvier 2018

Répression de la marche du 21 janvier 2018

Au terme de leur célébration eucharistique, les prêtres, religieuses et paroissiens de la cathédrale Notre Dame du Congo de Kinshasa ont entamé leur marche sur l’avenue de la Libération, ex-24 novembre.  Ils n’ont pas effectué une longue distance avant de rencontrer les policiers qui n’ont pas hésité de tirer à balles réelles sur certains manifestants et de leur lancer des bombes lacrymogènes pour les disperser. Les témoins parlent de 3 personnes tuées, dont les corps ont été immédiatement emportés par les forces de l’ordre, et de plusieurs blessés.  Certains fidèles de la cathédrale affirment avoir été infiltrés par les agents de sécurité en tenue civile qui auraient été à la messe et avaient dissimulé les armes sous leurs habits en vue de créer du désordre dans leur rang au moment de la marche.

A la paroisse Notre Dame de Fatima dans la commune de Gombe, la messe du jour s’est déroulée normalement avec moins des fidèles que d’habitude. A la fin de la célébration eucharistique, les consignes et objectifs de la marche ont été rappelé aux fidèles par le curé de la paroisse. Une fois en route sur l’avenue Tombalbaye, munis des crucifix, chapelets et bibles, les prêtres, religieux et fidèles en prière se sont butés au mur des policiers venus à leur rencontre.   Les hommes en uniformes leur ont barré la route et les ont obligé parfois dans la brutalité, vis-à-vis de ceux qui filmaient la marche ou prenaient des photos avec leurs téléphones, à  rentrer dans l’enceinte de la paroisse. Les  fidèles de notre Dame de Fatima ont chanté et fini leur marche par la prière avant de regagner chacun son domicile dans la paix. Contrairement à la marche du 31 décembre 2017, il n’y a pas eu de jet de gaz lacrymogène ni interdiction d’accès à la paroisse Notre Dame de Fatima.

De leur coté, les chrétiens de la paroisse Sainte Trinité de Matete ont effectué pacifiquement leur marche sur l’avenue Lumière de la 18ième rue jusqu’à la 2ième. C’est à ce niveau que les forces de l’ordre les ont dispersés par des tirs de sommation et de gaz lacrymogène. Il s’en est suivi des jets des pierres par les habitants du quartier Debonhomme, exaspérés de voir les policiers et militaires venir interdire la marche pacifique. Deux personnes ont été arrêtées.

Des bombes lacrymogènes ont jetées aux paroissiens de Saint Jacques et Saint Robert de Kinkole. Même scenario à Saint Christophe. Les fidèles de Notre Dame de la Sagesse en route vers le rond-point Ngaba ont réussi à marcher après la messe du Campus de l’Université de Kinshasa jusqu’à l’intendance où les attendaient policiers et militaires. Certains manifestants ont été interpellés.

Des manifestants dispersés à Yolo.

La marche a aussi été dispersée à la paroisse St Gabriel de Yolo Sud dans la commune de Kalamu à Kinshasa,  par des gaz lacrymogènes et des coups de feu ont été entendus. Selon les témoins, une personne a été blessée.  En revanche, dans la commune de Bumbu, la marche des chrétiens  a eu lieu sur l’avenue Saio sans incident.

Contrairement à la marche du 31 décembre 2017, cette fois, les forces de l’ordre n’ont pas investi les lieux de culte ni empêché les fidèles de prier.

Onésime Mukandila

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