Les Etats-Unis s’opposent au vote électronique en RDC

Les Etats-Unis s’opposent au vote électronique en RDC

L'ambassadrice américaine à l'ONU, Nikki Haley a soutenu ce lundi 12 février 2018 que les Etats-Unis d’Amérique sont contre le recours à un système él

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L’ambassadrice américaine à l’ONU, Nikki Haley a soutenu ce lundi 12 février 2018 que les Etats-Unis d’Amérique sont contre le recours à un système électronique de vote pour les élections présidentielles, législatives et provinciales prévues le 23 décembre prochain en République démocratique du Congo. Cette déclaration, d’après Radio Okapi, a été faite au cours d’une réunion informelle à l’ONU au sujet du processus électoral en RDC. « Nous sommes très préoccupés de voir l’insistance (de la Commission électorale indépendante CENI) à vouloir utiliser un système électronique de vote », a dit la diplomate américaine.

A en croire Nikki Haley, un tel recours représente « un risque colossal » et les Etats-Unis souhaitent le recours à « des bulletins papier pour qu’il n’y ait pas de doutes sur le résultat ». « Les Etats-Unis ne soutiennent pas » ce recours à un système électronique, a-t-elle renchéri.

Le président de la CENI, présent à cette réunion, a affirmé que plus de 46 millions d’électeurs ont été recensés pour la triple élection, mainte fois reportée.

Pour Corneille Naanga, avec plus de 45 millions d’électeurs, les trois scrutins combinés le même jour imposent l’implantation de 23.000 centres de vote éclatés en environ 90.000 bureaux de vote et de dépouillement. « L’option prise de recourir à la machine à voter permet de réduire le poids de l’ensemble des matériels à déployer de 16.000 tonnes à moins de 8.000 tonnes », a déclaré le président de la Ceni en soulignant que grâce au recours à la machine à voter, les coûts des scrutins ont pu être réduits de 554 millions de dollars à environ 432 millions.

Au cours des discussions, rapporte la radio onusienne citant l’AFP, la Côte d’Ivoire a prévenu « contre le risque d’élections mal préparées », tandis que les Pays-Bas s’en sont tenus au respecter la décision de la CENI de recourir à un système électronique tout en lui demandant « de tester rigoureusement » le matériel avant lesdits scrutins.

De son coté, l’organisation de défense des droits de l’homme Human Rights Watch a allégué « la crainte de fraudes lors des élections », en sollicitant de la « transparence ». L’organisation est aussi revenu sur le fait que le président Joseph Kabila n’ait toujours pas clarifié sa position alors qu’il est arrivé au terme de ses deux mandats constitutionnels depuis le 20 décembre 2016 et ne peut donc se déclarer candidat à la prochaine présidentielle en RDC.

« On ne peut pas permettre un nouveau report des élections » et « le président Kabila ne peut pas briguer un nouveau mandat (car) la Constitution ne le permet pas », a martelé Nikki Haley qui a également révélé que le président sortant ne chercherait pas à imposer quelqu’un de son choix pour lui succéder.

Joseph Kabila a justifié la non-tenue des élections fin 2016 par des problèmes de sécurité. Des élections étaient initialement prévues fin décembre 2017 avant d’être renvoyées à décembre 2018.

Pendant ce temps, le parti historique de l’opposition congolaise, l’Udps, a appelé lundi 12 février à une mobilisation « massive » pour une marche pacifique des catholiques, prévue le 25 février en RDC pour réclamer l’application effective, intégrale et de bonne foi de l’Accord de la Saint-Sylvestre 2016 et contre le maintien au pouvoir du président Kabila.

Pour rappel, les marches organisées par le Comité Laïc de Coordination, CLC, le 31 décembre 2017 et 21 janvier 2018 avaient été interdites par les autorités locales et réprimées à balles réelles par les forces de l’ordre. Au total, douze de personnes ont été tuées, selon l’ONU et la CENCO. Les autorités congolaises n’ont reconnu que deux morts lors de la marche du 21 janvier 2018.

Onésime Mukandila

 

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