L’Accord de la Saint-Sylvestre demeure l’unique feuille de route pour la RDC

L’Accord de la Saint-Sylvestre demeure l’unique feuille de route pour la RDC

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Le Conseil national de suivi de l’Accord de la Saint-Sylvestre (CNSA) a annoncé le mardi 29 mai 2018 la convocation dans un bref délai d’une réunion tripartite pour évaluer l’accord du 31 décembre 2016. Pourtant, le lundi 28 mai 2018, le gouvernement avait convoqué une tripartite. Le CNSA n’a pas pris part à cette rencontre et a dénoncé une usurpation de son pouvoir par l’exécutif national.

Le même lundi 28 mai 2018, Lambert Mende, ministre de la Communication et des médias et porte-parole du gouvernement, s’est présenté avec une artillerie verbale lourde dans une conférence de presse à Kinshasa. Il a tenu à réagir à la position prise par les chefs d’Etat de l’Angola, du Rwanda et de la France. Ces derniers ont entre autres exigé le respect de l’Accord de la Saint-Sylvestre et le refus d’un 3ème mandat de Joseph Kabila à la tête de la RDC.

Une agitation sérieuse est perceptible dans les instances dirigeantes du pays sur l’application de l’Accord de la Saint-Sylvestre. « La pierre rejetée par les bâtisseurs est devenue la principale de l’angle », disait Jésus-Christ à ceux qui le combattaient.

Mal appliqué et souvent torpillé par le pouvoir congolais dans certains points sensibles, l’Accord de la Saint-Sylvestre est et reste la seule référence pour la sortie de crise en RDC de la crise, avec la tenue des élections comme soubassement essentiel.

L’agitation constatée ces jours-ci est consécutive au soutien apporté à cet accord par les présidents français, Emmanuel Macron, et angolais, João Lourenço. Dans une conférence de presse commune, le lundi 28 mai 2018, ils ont appelé Joseph Kabila à respecter l’Accord de la Saint-Sylvestre et de ne pas se représenter aux élections en RDC qui auront lieu en décembre prochain.

Le président français a renchéri en affirmant urbi et orbi que l’accord de la Saint-Sylvestre est le seul viable.

Ce soutien n’est ni le premier, ni le dernier à l’Accord de la Saint-Sylvestre. En mars 2018, dans la Résolution 2409, le Conseil de sécurité de l’ONU a confié à sa mission de stabilisation de la paix en RDC (MONUSCO) en apportant un soutien à cet accord en ces termes : Rappelant qu’il est essentiel de mettre en œuvre intégralement et promptement l’Accord du 31 décembre 2016 pour appuyer la légitimité des institutions de transition, soulignant qu’il est crucial que le prochain cycle électoral se déroule de façon pacifique et crédible, comme prévu par la Constitution et dans le respect de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance, pour assurer durablement la stabilisation et la consolidation de la démocratie constitutionnelle en RDC, et demandant l’application immédiate des mesures de renforcement de la confiance, conformément aux dispositions de l’accord, notamment en mettant un terme aux restrictions de l’espace politique dans le pays, en particulier aux arrestations et aux détentions arbitraires de membres de l’opposition politique  et de représentants de la société civile ainsi qu’aux restrictions imposées aux libertés fondamentales telles que la liberté d’opinion et d’expression, y compris la liberté de la presse.

Fort de ce soutien, l’Accord de la Saint- Sylvestre, même s’il a été réalisé avec la médiation de la CENCO, une association religieuse sans but lucratif comme l’avait dit haut et fort Lambert Mende dans une interview accordée à une radio locale, demeure l’unique feuille de route viable pour la majorité des Congolais.

Dans la déclaration publiée à l’issue de leur Assemblée plénière extraordinaire organisée du 15 au 17 février 2018, les Evêques avaient fait quelques constats douloureux dans le cadre du processus électoral. Parmi ces constats douloureux, il y a l’application sélective et biaisée des dispositions de l’Accord de la Saint-Sylvestre. Ils avaient alors écrit : « Peut-on prétendre se préparer aux élections apaisées et passer outre les dispositions de l’Accord de la Saint-Sylvestre qui en sont les préalables ? S’obstiner sur cette voie ne peut que conduire à des élections contestables et à de nouvelles crises. Nous appelons au sens de responsabilité de tous et de chacun ».

Toutes les parties prenantes, surtout ceux qui ont l’imperium, doivent faire ce que les Allemands appellent la Realpolitik pour appliquer de bonne foi cet accord qui représente l’espoir d’un retour à la vie pour tout un peuple.

JRB

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