La guerre des ondes autour des élections à Kinshasa : L’Union européenne promet, la Céni parle de simple propagande

La guerre des ondes autour des élections à Kinshasa : L’Union européenne promet, la Céni parle de simple propagande

L’actualité congolaise reste dominée par la tenue des élections le 23 décembre 2018. Mais jusque-là, les violons ne s’accordent pas entre la Majorité

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L’actualité congolaise reste dominée par la tenue des élections le 23 décembre 2018. Mais jusque-là, les violons ne s’accordent pas entre la Majorité au pouvoir, l’Opposition et la Société civile. Au début, la Majorité présidentielle avait comme argument, le financement de la guerre à l’est du pays, c’est pourquoi, les élections n’ont pas eu lieu en décembre 2016. Pour décembre de l’année 2017, le gouvernement enrichi des maillons faibles de l’Opposition, en commençant par la primature jusqu’au CNSA, est incapable de mettre en application complète l’Accord de la Saint Sylvestre. Cela a profité à la famille politique du chef de l’Etat d’accorder à son autorité morale une année gratuite, à la fin de son mandat en décembre 2016. C’est dans l’une de leurs stratégies à faire bénéficier Joseph Kabila, hors mandat, de quelques années au pouvoir.

Union Européenne et Céni

La pression interne et externe pesant sur le chef de l’Etat, un calendrier électoral non consensuel selon l’Opposition a été publié le 5 novembre dernier ; une loi électorale proposée par le PPRD a été vite adoptée et rapidement promulguée par le président de la République, mais refusée par l’Opposition. Un nouveau mode de vote initié par la CENI, « machine à voter » ou vote électronique, mais jusque-là contesté par la population, l’Opposition, la Société civile et la communauté internationale. Après la clôture d’enrôlement et identification des électeurs le 31 janvier dernier, la CENI déclenche l’opération de sensibilisation sur la machine à voter auprès de différentes organisations et institutions, mais celles qui ont été sensibilisées restent non convaincues.

Shadari annonce, Nangaa contredit

Pour une fois, le PPRD et la CENI se sont contredits : Le nouveau secrétaire permanent du PPRD, Emmanuel Ramazani Shadari, annonce que les élections pourraient être reportées de quelques jours. Ne pouvant entendre de cette oreille, le président de la CENI, Corneille Nangaa contredit des propos de Ramazani Shadari : « Les élections se tiendront bien le 23 décembre 2018. Nous insistons sur le fait que les questions électorales sont gérées par la commission électorale… Ceux qui parlent au nom de la CENI ne le font qu’à leurs risques et périls, ça ne concerne pas la CENI. La CENI a rendu public son calendrier, et son calendrier précise que les élections se dérouleront le 23 décembre 2018 ».

Bart Ouvry promet 30%, Nangaa n’y croit pas

Bart Ouvry, l’ambassadeur et chef de la délégation de l’Union européenne (UE) en RDC a annoncé qu’avec les partenaires, l’Union Européenne est prête à financer 30% du coût des élections. Cette enveloppe de 30% du coût global des élections prévues le 23 décembre 2018, proviendrait des contributions de la Monusco, la Communauté internationale et de l’union Européenne.

En attendant de libérer ladite enveloppe, Bart précise que son institution a déjà apporté une autre aide à la CENI : « nous apportons une aide à l’expertise. Depuis plusieurs années déjà, des experts de l’Union européenne travaillent à la CENI et l’aident à organiser au mieux les élections ».
Il souligne cependant que les partenaires posent encore quelques questions à la CENI « notamment sur la confidentialité du vote avec la machine à voter. L’UE ne s’est pas encore prononcée sur sa fiabilité, son utilisation dans un pays où des voies de communication ne sont pas praticables. Il faut un groupe d’experts indépendants pour cette machine. »

Maison Schengen à Kinshasa

Quant à la souveraineté de la RDC, l’Union Européenne n’est plus dans ce débat, elle vient en partenariat pour apporter son soutien. C’est dans le cadre de la coopération et non d’une aide. L’aide n’intervient que pour l’expertise. L’UE estime que la loi électorale a été votée au Parlement Congolais, et si elle n’est pas respectée, ça ne concerne pas l’Union Européenne.

Pour la décision prise par les autorités congolaises exigeant la fermeture de la Maison Schengen à Kinshasa, suite à la dégradation des relations diplomatiques avec la Belgique qui centralise le service en RDC, l’ambassadeur et chef de délégation de l’UE en RDC, Bart Ouvry, a précisé : « nous devons trouver une solution. Des pourparlers sont en cours. J’ai bon espoir qu’on pourra, dans les délais les plus rapprochés possibles, recommencer à délivrer les visas Schengen ». Il rappelle que la Maison Schengen relève d’une politique commune de l’Union européenne qui n’existe pas uniquement au Congo et annonce que les visas sont toujours délivrés en RDC dans les ambassades d’Espagne et de Grèce, pour les passagers à destination de ces pays. Mais que la tendance, partout dans le monde « est de plus en plus à avoir un guichet unique comme la maison schengen ». Il estime que la solution pourrait être trouvée au courant du mois de mars.

Corneille Nangaa, président de la céni

La réplique de Corneille Nangaa aux propos de l’ambassadeur de l’Union Européenne n’a pas tardé : « C’est depuis 2013 que l’opinion s’entend dire de la part des partenaires techniques et financiers que nous allons financer sans que cette déclaration ne soit concrétisée par une contribution effective. On parlait de Bruxelles qui allait intervenir avec les autres partenaires et pouvoir financer jusqu’à 30% du coût global des élections. Même un congolais lambda a fini par en déduire purement et simplement que ce sont des déclarations qui frisent la propagande ».
Corneille Nangaa précise que même si la Commission Électorale Nationale Indépendante reste ouverte à la contribution des partenaires internationaux, pour alléger le budget de l’état congolais…, cela ne doit nullement justifier quelques conditionnalités que ce soit. La CENI s’est déjà dite ouverte à l’audit autant par l’expertise internationale et nationale.

A l’époque, Bart déclarait : « Pendant de nombreux mois, la CENI peinait à publier un calendrier électoral malgré l’insistance des partenaires » et Nangaa répliquait : « Nous ne voulions alors pas publier un calendrier que nous ne saurions pas en mesure de respecter ». Mais la CENI a présenté son budget électoral détaillé et rationalisé qui s’élève à 432 millions de dollars américains pour l’organisation des 3 scrutins de décembre 2018 (présidentielle, législatives et provinciales).

Gel Boumbe

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