La FAO dote le territoire de Tshimbulu d’un « champ communautaire pour la paix »

La FAO dote le territoire de Tshimbulu d’un « champ communautaire pour la paix »

L’Organisation des Nations Unies pour l’agriculture (FAO) a annoncé l’attribution d’un champ communautaire de 30 hectares à cinq villages à 15 km

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Tshimbulu

Une vue du champ communautaire pour la paix à Tshimbulu

L’Organisation des Nations Unies pour l’agriculture (FAO) a annoncé l’attribution d’un champ communautaire de 30 hectares à cinq villages à 15 km du territoire de Tshimbulu dans le Kasai Central. Cette énorme surface qu’ils travailleront chaque année est leur champ de la paix. La FAO a pu appuyer ces villages grâce à un financement du Fond central des Nations Unies pour les interventions d’urgence (CERF). Cela a permis aux familles de disposer d’outils et de semences dès leur retour de leurs zones de fuite. Cette information a été publiée dans un communiqué de presse rendu public le samedi 10 février 2018,

Il faut le rappeler que, Tshimbulu est l’une des zones les plus touchées depuis l’émergence des conflits armés et des déplacements massifs au Kasaï. Après avoir subi de lourdes pertes en termes de production agricole ainsi qu’au niveau du petit bétail, ce territoire retrouve progressivement une vie rurale productive.

Appuyer la résilience des populations 

Cécile Mbuyi, habitante du village de Mfuamba, explique comment elle s’est enfuie. « J’étais à la maison quand des personnes s’approchaient du village pour piller nos maisons. Nous étions forcés à fuir en brousse sans savoir combien de temps nous y resterions, » explique-t-elle.

«Avec mes huit enfants et mon mari, nous sommes restés au total trois mois en brousse. Les conditions étaient très difficiles. On se nourrissait de feuillages. Parfois on passait des jours sans manger. A notre retour au village, nos champs et nos maisons étaient entièrement détruits.»

En raison des déplacements massifs dans la zone du Kasaï, la plupart des personnes, y inclus les déplacés et les retournés ont totalement raté deux saisons agricoles. Afin d’éviter que les communautés vulnérables perdent la grande saison agricole de septembre 2017, la FAO en partenariat avec le Ministère de l’agriculture et les organisations non gouvernementales (ONG) a fourni aux ménages des outils aratoires et de semences de maïs et de niébé.

« Malgré les fortes pluies en fin de saison, nous avons eu une belle récolte. Nous avons pu manger une partie, une autre partie a été vendue pour payer les frais de scolarité de nos enfants et nous avons conservé les semences pour cultiver à la prochaine saison, » a conclu Cécile.

Lutter contre la faim

Les moyens d’existence de ces populations représentent leurs meilleurs moyens de faire face à la faim et aux catastrophes. Près de 20 000 ménages, soit 120 000 personnes, dans la région du Kasaï ont reçu des outils aratoires (arrosoirs, bêches et houes) et des semences de légumes (amarante, aubergines, gombo et tomates). Cela permettra aux communautés rurales de lutter contre la faim, de restaurer la production alimentaire et de renforcer la résilience.

Au cours d’une visite de terrain auprès des déplacés de Tshimbulu, Alexis Bonte, Représentant a.i. de la FAO, a rencontré les autorités traditionnelles et administratives qui ont permis de rétablir la paix. La FAO s’est sentie privilégiée d’avoir également contribué à appuyer la résilience des populations déplacées, en permettant aux communautés de cette région de reprendre la production dans la dignité afin de dépasser leurs traumatismes. Le travail agricole collectif s’avère l’une des meilleures options afin de pouvoir manger en paix et de s’assurer des revenus.

Junior Kitambala (stagiaire)

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