La Caritas diocésaine de Molegbe projette de quitter le stade des urgences pour aller vers l’autonomisation dans l’encadrement des réfugiés centrafricains

La Caritas diocésaine de Molegbe projette de quitter le stade des urgences pour aller vers l’autonomisation dans l’encadrement des réfugiés centrafricains

En séjour à Kinshasa, l’abbé Egide de la Croix Mimba, coordonnateur de la Caritas diocésaine de Molegbe dans la province du Nord Ubangi, a accordé u

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 l'abbé Egide de la croix Mimba

L’abbé Egide de la croix Mimba

En séjour à Kinshasa, l’abbé Egide de la Croix Mimba, coordonnateur de la Caritas diocésaine de Molegbe dans la province du Nord Ubangi, a accordé un entretien à l’agence catholique de presse DIA, le samedi 30 mars 2018 à la maison diocésaine de Molegbe de Kinshasa.

Il convient de rappeler que la commission diocésaine Caritas de Molegbe fait face depuis l’an 2013-2014 à des vagues de familles centrafricaines qui ont trouvé refuge dans cette partie de la république à cause de la rébellion des Seleka. Il était opportun pour nous d’aller à la rencontre du responsable de cet instrument de charité et de la doctrine sociale de l’Eglise de Molegbe en vue d’avoir des amples informations sur la situation humanitaire précaire qui prévaut dans cette partie du territoire, suite à l’arrivée massive des réfugiés Centrafricains. Vous trouverez ci-dessous, l’intégralité de notre entretien avec l’abbé Egide Mimba, coordonnateur de la Caritas diocésaine de Molegbe.

DIA : Bonjour Mr l’abbé, quelle est la santé actuelle de la Caritas diocésaine de Molegbe ?

Abbé Egide Mimba (AEM) : Bonjour monsieur et merci pour m’avoir accordé la parole à l’agence catholique de presse DIA. Par rapport à notre diocèse et par rapport à notre Caritas diocésaine de Molegbe, je suis son coordonnateur depuis 5 ans et j’ai trouvé la Caritas entre les mains d’une religieuse de la congrégation des Filles de Marie de Molegbe. Nous avons récupéré la situation, 5 ans après, nous avons continué l’œuvre qu’elle avait laissée. On a structuré la Caritas, nous l’avons intégrée, pour dire qu’elle a maintenant trois bureaux avec un secrétariat, une comptabilité, une caisse et nous avons réparti les services connexes dont une logistique et un garage.

DIA : Depuis 2013, la Caritas Molegbe fait face aux vagues de réfugiés Centrafricains, pouvez-vous nous faire l’état de lieux de la situation ?

A.E.M : C’est un événement qui a marqué pas seulement mon diocèse mais la province du Nord Ubangi en général. Et comme Caritas, nous avons notre responsabilité par rapport à cet afflux de réfugiés Centrafricains. Comme Caritas, nous avons collaboré avec des partenaires qui ont mandat comme le HCR, le CNR pour que nous puissions intervenir aux camps et hors de camps. C’est depuis 2013 que l’événement des réfugiés a battu le record dans les deux provinces du Nord et Sud Ubangi étant donné que mon diocèse est à cheval entre ces deux. Puisque mon diocèse s’étend sur les deux provinces, je ne saurais pas brosser les cinq années c’est beaucoup mais, grossomodo, il faut savoir que quand les réfugiés sont arrivés chez nous, le HCR a demandé qu’il y ait quatre (4) camps. Il y a un camp à Bili, la paroisse de Bili, nous sommes au Nord-Est du diocèse, qui a enregistré 20.000 réfugiés, il y a un autre camp à Inke à 45 Km de Gbadolite, nous avons trouvé 25.000 réfugiés en 2013-2014. Le troisième camp est au Sud-Ubangi à Boyabo, nous sommes à 180 Km de Gemena, un autre camp qui avait aussi enregistré 20.000 réfugiés et le quatrième et dernier camp c’est à Mole, nous sommes à la mairie de Zongo vers l’ouverture avec la capitale Bangui, qui avait aussi enregistré 18.000 réfugiés au camp sans compter ceux qui étaient hors camp.

Donc, le total depuis 2013-2014, mon diocèse avait accueilli plus ou moins 80.000 réfugiés aux camps et hors camps. Il y en avait 40 centaines, 50 centaines mais dispersés dans les familles. Pour faire face à la situation, la Caritas a une philosophie  et une politique d’intervention. On a intervenu avec l’aide de la Caritas développement Allemagne dans le cadre du projet qu’on appelle AAA (AAA1, AAA2, AAA3) et il y a de cela 3 ans qu’on opère avec la Caritas Allemagne comme partenaire pour distribuer aux camps des vivres et non vivres. Sur le terrain maintenant, nous avons combiné  les anciens et les nouveaux qui sont arrivés hors camp avec les nouvelles vagues du mois de mai 2015, il y a des nouveaux réfugiés qui sont arrivés cette fois-ci pas au Sud mais au Nord-Ubangi. C’est-à-dire, les deux villages qu’on appelle Mogoro dans la mairie de Gbadolite jusqu’au territoire de Mobayi Mbongo puis à Yakoma qu’on a totalisé hors camps 25.000 réfugiés Centrafricains qui sont arrivés, s’ajouter aux anciens et qui sont maintenant dans les territoires de Mombayi Mbongo, Yakoma et dans la mairie de Gbadolite, qui ont jonchés ou allongés le long de la rivière Ubangi et qui sont pris en charge par la Caritas Molegbe avec l’appui de la Caritas et du gouvernement d’Allemagne. Même stratégie, autonomisation. On les a mis au travail pour le champ, le maraîchage et bientôt, on va aller à la pêche et l’élevage. Voilà un peu la situation dans l’encadrement des réfugiés Centrafricains qui sont chez nous.

DIA : quelles sont les perspectives d’avenir de la Caritas Molegbe ?

A.E.M : Par rapport au projet de nos réfugiés Centrafricains, « nos perspectives d’avenir c’est de quitter le stade des urgences pour aller vers la durabilité ». Nous avons proposé qu’on ne reste pas toujours dans les urgences, c’est-à-dire, on distribue, on mange et c’est fini. Qu’un projet arrive un mois ou deux mois, on clôture. On a proposé d’autonomiser ces gens, qu’on mette les populations, les familles d’accueil et les villages d’accueil au travail pour que nous puissions consolider ce que nous avons déjà fait cinq ans durant, afin que chaque village soit développé, chaque bénéficiaire soit autonome et que même si la Caritas Allemagne pouvait nous quitter, qu’eux même s’autonomisent, qu’ils sachent se prendre en charge et prendre aussi notre province en charge pour un développement communautaire.

DIA : Comment se fait la collaboration entre la Caritas Congo ASBL et la Caritas développement Molegbe ?

A.E.M : La Caritas ASBL et la Caritas Molegbe travaillent en partenariat parce que la Caritas Congo ASBL est au plafond, c’est-à-dire, c’est national. C’est que s’il y a des projets, nous dans ce partenariat recevions d’eux l’appui logistique, technique et des formations sur terrain. Nous collaborons et chacun est responsable dans son domaine. Donc nous sommes en train-là de respecter le principe de subsidiarité, et pas plus tard qu’hier, une équipe de la Caritas Congo se trouve dans mon diocèse pour implanter deux bureaux pour le développement communautaire de notre diocèse  et nous sommes en bon terme.

DIA : Quel est le degré d’implication de S.E. Mgr Dominique Bulamatari dans les activités de la Caritas Molegbe ?

A.E.M :Merci pour cette question, vous savez que toutes les Caritas sont des instruments. Instrument de l’évangélisation et de la doctrine sociale de l’Eglise. C’est dans ce sens que les évêques sont des présidents d’office, ils sont des pères de la charité. Mon évêque, Dominique Bulamatari avec qui on a collaboré ça fait 5 ans, il est le père de la charité, il veille scrupuleusement aux détails de nos activités, celui qui m’oriente, je prends ses visions, j’applique ses orientations  et il m’encadre çà et là, il signe mes projets et il a des détails. Il intervient non seulement pour mon diocèse, mais aussi faut-il le souligner, il est le point focal de la province ecclésiastique de Mbandaka-Bikoro. Il est à cheval, il travaille bien avec nous et il s’intéresse trop au sujet des réfugiés Centrafricains et il a même nommé un père aumônier des réfugiés Centrafricains en vue de veiller à la spiritualité des réfugiés au camp d’Inke. Dans le cadre de la mission et vision de la Caritas, Mgr Bulamatari va lui même de temps en temps aux camps des réfugiés pour dire les messes pendant la Noel et la Pâque et va bénir même les mariages. Donc, il s’implique corps et âme et a le souci de ses enfants surtout les réfugiés, il est sensible à leur sort.

DIA : Mr l’abbé, avez-vous un dernier mot à l’endroit d’autres partenaires qui trainent à emboîter le pas à la Caritas Allemagne ?

A.E.M : Merci pour l’intérêt de cette question,  pour tout projet aujourd’hui, il y a le principe de partenariat car le champ est vaste et on ne peut travailler seul. La Caritas Molegbe en particulier est reconnaissant envers son partenaire le plus proche le Haut-Commissariat aux Réfugiés (HCR), une des agences des Nations-Unies. Le HCR nous considère toujours comme le partenaire privilégié pour intervenir en faveur de nos frères et sœurs Centrafricains qui sont chez nous. Il y a également d’autres agences des Nations Unies qui collaborent avec nous, je cite la Croix-Rouge, qui est sur terrain et avec qui nous collaborons. Nous sommes avec le gouvernement congolais dans une équipe de veille provinciale au Nord-Ubangi. Ce partenariat est tellement renforcé que l’UNICEF nous a appuyés. Donc pas seulement les Nations-Unies, le gouvernement congolais est en partenariat avec la Caritas Molegbe sur les deux provinces et on a créé deux équipes de veille humanitaire pour veiller au choc qui survienne tant soi peu dans nos communautés. Je voudrais demander aux autres partenaires de venir au secours, il n’y a pas seulement la Caritas Allemagne mais aussi la Fondation d’Albiar Espagne qui sont avec nous et nous avons travaillé avec eux pour sauver la situation et diminuer la vulnérabilité de nos réfugiés à Bili. Et cette fondation se prépare à venir nous appuyer pour sauver la situation de nos amis qui sont à Mombayi Mbongo et Gbadolite. Je voudrais que d’autres partenaires emboîtent le pas et vous savez que les besoins sont immenses et les moyens trop limités, nous avons besoin de l’apport d’autres partenaires, étatiques et non étatiques, ils sont toujours la bienvenue pour la Caritas Molegbe.

Propos recueillis par Junior Kitambala(Stagiaire)

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