Inondations à Ubangi : La Caritas diocésaine de Molegbe alerte sur les dérives environnementales

Inondations à Ubangi : La Caritas diocésaine de Molegbe alerte sur les dérives environnementales

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Les dernières pluies diluviennes de septembre, octobre et novembre derniers ont plongé l’ancienne province de l’Equateur, dans le Nord-Est de la RD Congo, dans les inondations sans précédent. Le volume des rivières Itimbiri, dans l’actuelle province de la Mongala et Ubangi dans les provinces du Nord et Sud Ubangi a été  gonflé en quantité, plongeant ainsi plus de 30 000 ménages dans le désarroi.

Quatre diocèses de l’Eglise-famille de Dieu en RD Congo sont touchés par ces inondations et principalement les diocèses de la province ecclésiastique de Mbandaka-Bikoro, tels que les diocèses de Lolo, Lisala, Budjala et de Molegbe. Et leurs Caritas sont à pied d’œuvre pour pouvoir apporter assistance aux sinistrés.

En séjour à Kinshasa, l’abbé Egide de la Croix Mimba, directeur de la Caritas diocésaine de Molegbe, qui a pris part aux réunions de coordination humanitaire sur cette crise,  s’est confié à l’agence catholique Diacenco pour faire les points sur la situation mais surtout de l’apport de la Caritas diocésaine de Molegbe aux sinistrés.

Situation déclarée de « crise humanitaire  catastrophique»

Il faut signaler que cette catastrophe a été déclarée au début de ce mois de novembre de « crise humanitaire » par la coordination humanitaire provinciale, composée des autorités provinciales, les agences humanitaires dans ce coin de la RDC et des Caritas diocésaines de ces provinces.

Selon l’abbé Mimba, il était nécessaire qu’on en arrive là : « Tellement que l’ampleur est grave, la situation est tellement dramatique, les coordinations humanitaires se sont réunies pour déclarer à leur niveau, une crise humanitaire catastrophique pour les deux provinces du Nord et Sud Ubangi », a-t-il indiqué. Et ce, «  parce que les maisons n’existent plus, les habitants se sont déplacés de leurs villages, les enfants n’ont plus droit au cours, ils ont quitté les villages, les besoins en consommation difficile parce que les champs et les jardins sont inondés, les puits d’eau potable inondés, ils n’ont plus de l’eau à boire et se contentent de l’eau sale des rivières et aussi des cimetières sont inondés et imaginez des nouveaux cimetières où on a enterré à peine de gens, les gens sont exhumés à cause des flots de l’eau et tout ce risque a fait qu’on puisse déclarer  une crise. Les gens qui avaient leurs élevages, gros ou petit bétail se sont trouvés dispersés avec leurs cheptels, les animaux domestiques sont aussi en difficulté et dispersés. Tous ces mouvements ont causé une étude au niveau de classe humanitaire pour qu’une crise soit déclarée mais après cette déclaration, il faut maintenant des interventions ».

Le responsable de la Caritas de Molegbe a poursuivi en faisant savoir qu’un plan de contingence est déjà mis en place pour soulager tant soi peu les sinistrés.

Le rôle joué par la Caritas Molegbe dans l’assistance humanitaire

Abbé Égide Mimba, directeur de la Caritas diocésaine de Molegbe avec quelques sinistrés des inondations de la rivière Ubangi

Le directeur de cette structure humanitaire de l’Eglise de Molegbe a  d’abord souligné que le diocèse de Molegbe a été touché par ces inondations, du Nord au Sud. Ensuite, cette Caritas a beaucoup aidé les agences humanitaires des Nations Unies dans le partage d’informations : « Notre assistance était au niveau de partage d’informations dans les centres de collecte des données.  Nous avons joué ce rôle là et au niveau de chaque paroisse, nous avons des référents paroissiaux  au niveau de la Caritas qui nous donnaient des éléments bruts et nous avons aussi fait des descentes sur terrain, par exemple à  Mombayi-Mbongo,  nous avons été au niveau de la rivière Ubangi, à la frontière avec le village de Mogoro où nous avons vécu des événements et nous avons fait les premiers actes, c’est-à-dire, on arrive, on visite , on enregistre, on calcule, on mesure et on évalue les besoins, ça c’était les premiers actes ».

« Deuxième opération, ce qu’on  a partagé l’information dans les réunions de coordination humanitaire au niveau provincial, nous avons partagé les informations pour que l’écho soit partagé avec les bases, surtout des agences humanitaires qui sont dans notre province pour partager des informations avec le gouvernement congolais ».

Les dérives environnementales causées par ces inondations

L’abbé Mimba a enfin alerté sur les dérives environnementales de ces inondations dont la forêt équatoriale est la principale victime : « le problème de l’inondation est généralisé, c’est presque écologique, environnemental. Lors de nos descentes sur terrain, nous avons constaté que tous les villages qui sont au bord du fleuve Congo sont concernés. J’ai aussi pressenti que la forêt équatoriale, les savanes et les galeries qui sont tout au long du fleuve Congo, sont aussi concernés, l’inondation même dans la forêt, dans les savanes, ce que même la biodiversité est en danger. Dans le parcours de mon voyage, j’ai constaté que même le fleuve Congo et  la forêt équatoriale sont en danger », a-t-il alerté, avant d’inviter les habitants de ce coin du pays à éviter le déboisement abusif des forêts. « Nous devons savoir ce qui est arrivé est dû à quoi, on a beaucoup déboisé, il n’y a plus d’arbres et c’est le vide. Nous devons  sensibiliser la population à beaucoup reboiser là où il y a des vides pour équilibrer le climat et l’écosystème pour que la population sache gérer l’environnement.

Enfin, l’abbé Egide Mimba a annoncé que certains réfugiés centrafricains ont été aussi affectés par  ces inondations et a appelé à la solidarité des structures humanitaires pour prévenir les sinistrés du risque des maladies hydriques.

Junior Kitambala

 

 

 

 

 

 

 

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