Des convoyeurs « M’en fous la mort » redoublent d’imprudence à la rentrée scolaire

Des convoyeurs « M’en fous la mort » redoublent d’imprudence à la rentrée scolaire

Il est cinq heures 30 du matin, à l'arrêt Laloux à Binza Delvaux, ce jeudi 14 septembre 2018. Tony, convoyeur d'un taxi-bus de marque Hiace, préfère d

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Il est cinq heures 30 du matin, à l’arrêt Laloux à Binza Delvaux, ce jeudi 14 septembre 2018. Tony, convoyeur d’un taxi-bus de marque Hiace, préfère demeurer dehors accroché aux glissières de la portière. Interpellé par un client intrigué par ce comportement risqué  à ces heures matinales, Tony déclare qu’il vient au secours des élèves revenus en nombre en cette période de rentrée scolaire  en septembre 2018. Il les aide  sur le trajet de l’école. Tony, jeune homme de moins de 30 ans, adopte inconsciemment  un comportement de « M’en fous la mort » surnom donné aux jeunes gens qui risquent le tout pour le tout à tout instant.

Face à plusieurs reproches, Tony a expliqué son geste par le désir de vouloir aider les navetteurs à rejoindre leur lieu de travail en cédant régulièrement sa place aux clients. Il ne veut pas comprendre qu’il risque sa vie un faible gains, soit 500 francs l’équivalent d’un tiers de dollars. Cependant, Pépé, un autre convoyeur a expliqué qu’ ils calculent le gain par jour à raison de d’une dizaine d’aller retour au quotidien. Ils gagnent ainsi près de dix mille francs jours. Un troisième convoyeur a voulu se cacher derrière les exigences des « patrons » qui exigent le versement entier au jour le jour, face à cette contrainte, il est obligé d’obtenir le maximum par course.

Une prise de risque dangereuse mais habituelle aux heures de pointe

Tony n’est pas un cas isolé. Tout au long des jours de cette semaine de la rentrée scolaire, profitant du laxisme de la Police routière aux carrefours stratégiques de la ville, des receveurs qualifiés de « convoyeurs fous  » par des Kinois, éberlués, s’adonnent, à cœur joie à ces pratiques dangereuses. Le matin et le soir, aux heures de pointe, face à des faibles reproches du public, ces convoyeurs sont accrochés sur le côté et parfois à l’arrière des « Hiaces ».

Une pratique décriée en vain par des chauffeurs de taxi-bus et …par la police !

Croisement délicat moto

Croisement délicat moto

Appelés par des clients à intervenir, des chauffeurs de taxi-bus, ont exprimé leurs lassitude devant l’entêtement de leurs convoyeurs. Et pourtant, ont-ils confirmé, les propriétaires des véhicules ne connaissent que les chauffeurs. Ceux-ci amènent leur équipage et de ce fait sont les premiers responsables de leurs manquements. Toutefois dans la pratique après un grave accident, tout retombe sur le propriétaire qui subit tous les préjudices. Les chauffeurs ont refusé d’endosser cette responsabilité en reconnaissant leur impuissance.

Le même désarroi a été exprimé par quelques policiers de roulage interpellés le long des grandes routes. Timothée, brigadier chef dans la police de roulage a reconnu qu’ils ont fini par ne plus sévir. Ces convoyeurs se cachent derrière les taxi-bus avant les carrefours avant de réapparaître après les croisements des routes. Toutefois, ils  revient à la Police routière de constater les dégâts quand à la suite d’un faux rebond, le convoyeur accroché au véhicule est coincé par la voiture suivante. Le convoyeur irresponsable est parfois blessé aux chevilles. L’Officier de la Police a reconnu que c’est très rare qu’un convoyeur tombe sur la chaussée alors que le taxi bus roule à pleine vitesse. Ces cas sont toujours sanctionnés par la Police.

Rombaut Kamwanga

 

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