Des avocats victimes voire complices des magistrats partiaux

Des avocats victimes voire complices des magistrats partiaux

Un jeune avocat, 18 ans de métier, a réagi aux accusations du Ministre de la Justice sur la corruption des magistrats dans l’appareil judiciaire à l’o

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Un jeune avocat, 18 ans de métier, a réagi aux accusations du Ministre de la Justice sur la corruption des magistrats dans l’appareil judiciaire à l’occasion de l’ouverture du Conseil supérieur de la Magistrature. Me JMK qui ne révèle que ses initiales a déclaré que les avocats sont souvent gênés dans la pratique de leurs fonctions qui est de défendre les justiciables devant les cours et tribunaux. Toutefois le jeune avocat a concédé que certains de ses confrères prennent parfois une part active à des raccourcis non éthiques des magistrats.

Jeunes avocats désemparés

Des jeunes avocats

Des jeunes avocats

Dans le premier lot, a déclaré Me JMK, les avocats surtout les jeunes stagiaires qui viennent de quitter les cabinets des anciens se trouvent désarmés face à certains agissements des magistrats. Quelques-uns d’entre eux, particulièrement ceux du Parquet, envoient avec une promptitude suspecte des personnes en préventive en prison. Ils foulent allégrement aux pieds le principe que la liberté est de mise et que l’incarcération doit constituer une exception. « La preuve a-t-il brandit le nombre élevé des prisonniers non encore condamnés à Makala, la grande prison de Kinshasa. Quasi vidée par Ne Muana Nsemi les magistrats l’ont rempli en moins de deux par des prisonniers en détention provisoire ».

L’avocat doit effectuer une démarche particulière au bureau du magistrat pour des ‘échanges’. Le jeune avocat peu rompu à ces pratiques y perd sa foi et sa fougue de jeunesse. Le magistrat assis professionnellement appelé juge fait parfois traîner le rendu d’une affaire en renvoyant indéfiniment celle-ci. En principe c’est trois renvois sinon l’affaire est renvoyée au rôle. Et pourtant il existe des délais légaux en matière pénale, civile ou des affaires administratives ou commerciales.

La parade, a-t-il dit est la sommation à conclure avec la menace de prise à partie des magistrats. Cette phase constitue au renvoi en jugement des magistrats accusés devant une juridiction spéciale qui peut les condamner pour faute professionnelle. Des magistrats n’aiment pas être traînés dans ces instances.

Une rétorsion insidieuse de l’appareil judiciaire

Me JMK a nuancé l’efficacité de cette démarche car un front commun se créée contre le jeune avocat. Celui-ci va constater qu’il est indexé par des magistrats en perdant systématiquement ses procès.

Jeunes avocats embrigadé souvent malgré eux

Magistrats Photos archives médiascongo

Magistrats Photos archives médiascongo

Face à cette menace insidieuse, Me JMK a reconnu que des avocats ont plié l’échine. Ils sont entrés dans le jeu. Ils vont désormais rencontrer des magistrats dans les bureaux ou plus souvent à des lieux convenus d’avance pour des tractations ‘hors normes juridiques’. Ils sont parfois poussés par leurs propres clients. Des magistrats libèrent des prévenus lourdement chargés tandis que d’autres font une longue préventive pour des peccadilles. « De nombreux cas sont répertoriés rien qu’à la prison centrale de Makala avec des détenus sans dossiers », a indiqué Me JMK. Auprès de certains juges, les affaires mal embarquées pour des prévenus ‘costauds’ sont renvoyées indéfiniment et aboutissent parfois à des conclusions aberrantes.

En association avec d’autres jeunes avocats ils ont voulu inverser le cours de l’histoire mais les dispositifs qui doivent dissuader les magistrats ne semblent pas marcher. Des avocats sanctionnés voire radiés ou des magistrats condamnés à des peines, si pas simplement priés de quitter ce corps d’élite, tous ces cas ne semblent pas faire peur aux candidats indélicats dans leurs fonctions d’auxiliaires de la justice. Me JMK espère en une volonté réelle de la haute hiérarchie judiciaire voire politique pour sanctionner  négativement ceux qui détournent la loi.

Rombaut Kamwanga

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