Des agents de l’Etat plus auteurs de violations des droits de l’Homme que des groupes armés

Des agents de l’Etat plus auteurs de violations des droits de l’Homme que des groupes armés

Les agents de l’Etat ont commis plus de violations que les groupes armés a déclaré le porte-parole du Bureau Conjoint des Nations Unies des Droits de

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Les agents de l’Etat ont commis plus de violations que les groupes armés a déclaré le porte-parole du Bureau Conjoint des Nations Unies des Droits de l’Homme, BCNUDH de service de la Monusco en fin de semaine écoulée. Selon la Monusco, c’est une première fois  depuis le début de l’année, dans les zones en conflit.

BCNUDH

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Dans ce rapport il est constaté que la province du Nord-Kivu a concentré à elle seule 44% de ces violations (218 violations). Parmi toutes les parties au conflit, ce sont les FARDC qui ont commis le plus de violations dans les provinces affectées par le conflit (140 violations, dont la moitié au Nord et Sud-Kivu).

Augmentation du nombre de violations des Droits de l’Homme

Durant le mois d’octobre 2017, le BCNUDH a documenté 704 violations des droits de l’homme sur l’ensemble du territoire de la RDC, soit une nouvelle augmentation par rapport au mois précédent, au cours duquel une forte hausse avait déjà été enregistrée (644 violations, contre 441 au mois d’août).

La majorité (63%) des violations des droits de l’homme a été commise par les agents de l’Etat (dont les exécutions extrajudiciaires de 56 victimes), principalement par les agents de la Police nationale congolaise (PNC) (26%) et les militaires des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) (26%).

Le BCNUDH s’inquiète, en outre, de l’inquiétante propagation des activités menées par les groupes armés, responsables de nombreuses violations dans des provinces considérées comme n’étant habituellement pas affectées par le conflit. Il s’agit notamment de sept violations commises par des groupes Maï-Maï dans le Maniema, ainsi que de 13 violations commises par des membres de la milice Twa dans le Haut-Katanga.

Restriction des libertés fondamentales et démocratiques

En octobre 2017, le BCNUDH a documenté 136 violations des droits de l’homme et des libertés fondamentales liées à des restrictions de l’espace démocratique sur l’ensemble du territoire congolais. Ce nombre, le plus élevé depuis le début de l’année, démontre une persistance toujours plus importante des restrictions de l’espace démocratique depuis le 1er janvier 2015. Les principaux auteurs présumés de ces violations restent les agents de la PNC (68 violations) suivis des militaires des FARDC (32 violations) et ont principalement été commises à Kinshasa (28 violations) et dans les provinces du Kasaï Central (18 violations), du Haut Katanga (17 violations) et du Nord-Kivu (15 violations).

Dans la foulée, les violations les plus rapportées sont les atteintes au droit à la liberté de réunion pacifique (36 violations), à la liberté et à la sécurité de la personne (35 violations) et à la liberté d’opinion et d’expression (19 violations). Le BCNUDH observe par ailleurs une augmentation des cas de menaces et d’harcèlements à l’encontre des acteurs de la société civile ainsi que l’intensification préoccupante des restrictions contre leurs activités légitimes.

Réaction gouvernementale arrestation de commissaires de police

Le BCNUDH note notamment la condamnation, le 4 octobre 2017, de deux commissaires supérieurs de la PNC à deux et cinq ans de prison par la Cour militaire, siégeant en audiences foraines, à Kimpese, territoire de Songololo (Kongo Central), pour crimes contre l’humanité par meurtre et actes de traitements inhumains, pour leurs responsabilités de commandement lors d’une manifestation des militants du Bundu Dia Mayala (BDM), le 3 février 2017.

Enfin, le BCNUDH a organisé ou pris part à au moins 44 activités de renforcement de capacités pour plus de 7000 membres d’organisations de la société civile et acteurs étatiques et non-étatiques (dont au moins 644 femmes) dans neuf provinces de la RDC. Elles ont notamment porté sur les notions de base des droits de l’homme, la promotion et la protection des libertés publiques en période électorale, la lutte contre la torture, la protection des civils, le droit international humanitaire, la lutte contre les violences sexuelles et la protection des victimes.

Rombaut Kamwanga

 

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