Danny Singoma : ” La laïcité est parfois mal comprise en République démocratique du Congo “

Danny Singoma : ” La laïcité est parfois mal comprise en République démocratique du Congo “

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Alors que la Rentrée Solidaire bat son plein, Solidarité Laïque donne la parole à un acteur de la laïcité au Congo. Comment cette notion est-elle perçue dans ce pays ? Réponse avec un spécialiste de la question, Danny Singoma, Président de la Maison de la laïcité de Kinshasa et directeur du Centre national d’appui au développement et à la participation populaire.

Quelle est l’influence de la Maison de la laïcité sur la population de Kinshasa ? Qu’est-ce que la laïcité représente pour un Congolais et comment la faites-vous vivre ?

La laïcité est diversement appréciée et parfois mal comprise en République démocratique du Congo en général et à Kinshasa en particulier ! La Maison de la Laïcité de Kinshasa se présente
comme un espace de convergence et de dynamisation des organisations non confessionnelles de la société civile congolaise. Elle permet de faire vivre un cadre d’affirmation des valeurs dont certaines sont moins soutenues par plusieurs autres organisations comme la tolérance, le vivre ensemble et le libre examen.

La Maison de la laïcité ne peut pas se vanter d’avoir une influence sur la population mais se met plutôt à son service en lui accordant, par exemple, des espaces pour la planification familiale, l’accès
aux livres, etc. Nous faisons vivre la laïcité par la promotion de ses valeurs à travers des formations, de la sensibilisation, des écrits et le relais de prises de positions de nos membres.

L’implication citoyenne est un enjeu fondamental pour la société humaine de demain où qu’elle soit. Comment faites-vous pour appuyer au développement et à la participation des citoyennes et des citoyens ?

Ceci est au cœur de l’action de la Maison de la laïcité qui a mis en place deux programmes : l’université et les rencontres citoyennes. Le premier, comme outil de formation des militantes et militants pour comprendre et maîtriser le contexte dans lequel ils agissent et développer des stratégies et mécanismes d’actions plus efficaces pour lutter contre la pauvreté, défendre la démocratie, consolider la paix et construire une société de justice et de tolérance. Nous travaillons pour soutenir une société de personnes plus conscientes de leur rôle et de leur responsabilité pour la transformation positive de la société. L’école publique est une de nos cibles principales. C’est à travers elle que nous allons à la rencontre et nous mettons au service des citoyens et citoyennes congolais de demain.

Quels sont les plus grands obstacles que vous avez à surmonter ?

Nous faisons parfois face à l’incompréhension, à la confusion et à la mauvaise interprétation de notre identité et de notre action : plusieurs personnes confondent les laïcs et les laïques, les premiers étant des hommes et des femmes au service de l’église, les seconds au service d’un principe de neutralité par rapport aux religions. Certains nous qualifient carrément d’anti-Dieu car nous prônons la
séparation de l’église et de l’Etat. Dans un pays comme le nôtre, dominé par la présence multiple des églises et une tradition religieuse forte, prôner liberté de conscience et liberté religieuse se vit difficilement et devient vite synonyme de lutte contre la chrétienté et donc de Dieu.

Solidarité Laïque / Diacenco.com

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