Crise anglophone au Cameroun, réaction decrescendo des évêques

La Conférence épiscopale du Cameroun trouve disproportionné, l'usage de la force contre les manifestants qui voulaient proclamer symboliquement l'indé

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La Conférence épiscopale du Cameroun trouve disproportionné, l’usage de la force contre les manifestants qui voulaient proclamer symboliquement l’indépendance des régions anglophones le dimanche 8 octobre 2017. La réaction de la Conférence épiscopale du Cameroun est d’un ton plus modéré mais tout aussi ferme que celle des évêques anglophones du Cameroun émise la veille le lundi 9 octobre 2017.

Ton modéré tout aussi ferme des évêques dénonçant les dérives de la répression des indépendantistes

 

Cathedrale-Yaounde

Cathedrale-Yaounde

Les évêques catholiques ont demandé au gouvernement de libérer les manifestants qui ont été arrêtés. Les évêques affirment que certains fidèles qui tentaient de se rendre à la messe ont été « pourchassés jusque dans leurs maisons, certains ont été arrêtés, d’autres ont été mutilés ». Toujours selon les évêques, « d’autres encore, dont des adolescents et des personnes âgées, ont été tués par des tirs, depuis des hélicoptères ».

Selon les autorités camerounaises, « les forces de sécurité ont agi en légitime défense ». Le Dimanche 7 octobre 2017, les indépendantistes anglophones du Cameroun ont tenté de manifester pour proclamer symboliquement l’indépendance des deux régions anglophones du pays.

Les évêques anglophones dénoncent les violences des forces de sécurité

Auparavant les évêques de la conférence épiscopale de Bamenda, qui regroupe les diocèses des deux régions anglophones du Cameroun, ont rendu publique le lundi 9 octobre une déclaration sur les manifestations et le couvre-feu imposé aux deux régions anglophones le week-end dernier, lors de la proclamation symbolique de l’indépendance de ces deux régions. Entre 10 et 17 personnes avaient été tuées, selon les sources. Tout en appelant au dialogue et en condamnant les violences d’où qu’elles viennent, les évêques dénoncent dans des termes particulièrement sévères le comportement des forces de l’ordre.

« Nous condamnons la barbarie et l’usage irresponsable d’armes à feu contre les civils non armés par les Forces de défense et de sécurité, même en réaction à des provocations », écrivent les évêques anglophones dans leur communiqué. Ils affirment notamment que certains fidèles ont été ciblés par des gaz lacrymogènes au sortir de la messe, d’autres « pourchassés dans leurs maisons, certains arrêtés, d’autres mutilés, tandis que d’autres encore – dont des adolescents sans défense et des personnes âgées – ont été tués par des tirs, notamment depuis des hélicoptères ». Ils déplorent aussi que certains corps de victimes aient été « emportés on ne sait où », selon leurs termes, et évoquent de nombreuses arrestations.

Un appel à peine voilé à une « épuration ethnique »

Ces évêques anglophones vont plus loin : d’après eux, le fait que des officiels qualifient de « terroristes » certains Camerounais anglophones est « une manière subtile d’appeler à ce qu’on peut décrire comme une « épuration ethnique » ou un « génocide » puisque tous les anglophones sont désormais considérés comme terroristes et en tant que tels, peuvent être éliminés ». Les religieux appellent à la libération de tous les prisonniers liés à la crise, préalable nécessaire selon eux à un dialogue qui doit s’ouvrir au plus vite.

Rombaut Kamwanga

 

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