Consistoire au Vatican : Le Pape François a créé Fridolin Ambongo et 12 autres Évêques, des Cardinaux

Consistoire au Vatican : Le Pape François a créé Fridolin Ambongo et 12 autres Évêques, des Cardinaux

Le Pape a présidé son sixième consistoire ordinaire en la basilique Saint-Pierre, samedi 5 octobre 2019, au cours duquel, il a créé treize cardinaux,

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Le Pape a présidé son sixième consistoire ordinaire en la basilique Saint-Pierre, samedi 5 octobre 2019, au cours duquel, il a créé treize cardinaux, dont dix électeurs. Il a remis à chacun la barrette pourpre. Parmi ces nouveaux cardinaux se trouve Fridolin Ambongo Besungu, Archevêque Métropolitain de Kinshasa.

Le Cardinal Fridolin Ambongo saluant la délégation congolaise

Ils ont été créés cardinaux : Mgr Miguel Angel Ayuso Guixot, est né à Séville en Espagne en 1952 ; le Jésuite Michael Czerny, né à Brno dans l’ancienne Tchécoslovaquie en 1946 ; Mgr José Tolentino Calaça de Medonça né à Madère au  Portugal ; Mgr Jean-Claude Hollerich, actuel archevêque de Luxembourg ; Mgr Fridolin Ambongo Besungu né en 1960 à Boto, dans le diocèse septentrional de Molegbe en RDC ; Mgr Cristobal Lopez Romero, salésien ; Mgr Matteo Zuppi ; Mgr Ignatius Suharyo Hardjoatmodjo, archevêque de Jakarta ; Mgr Juan de la Caritad Garcia Rodriguez, archevêque de la Havane à Cuba ; Mgr Alvaro Ramazzini Imeri, archevêque de Huehuetenango au Guatemala ; Mgr Michael Louis Fitzgerald ; Mgr Sigitas Tamkevicius sj, archevêque émérite de Kaunas en Lituanie et enfin Mgr Eugenio Dal Corso, évêque émérite de Benguela en Angola.

La délégation congolaise dans la basilique Saint-Pierre à Rome

A part la délégation de la Conférence épiscopale nationale du Congo, (CENCO) conduite par son président Marcel Utembi, le Chef de l’État congolais, Félix Tshisekedi, accompagné de son épouse Denise Nyakeru, était présent à Rome. Aussi, une importante délégation venue de Kinshasa était présente. On a reconnu la présence du directeur de cabinet du Chef de l’Etat, Vital Kamerhe et son épouse Amida, de la présidente de l’Assemblée nationale, Jeannine Mabunda, du 1er vice-président du Sénat, Samy Badibanga, des opposants Martin Fayulu et Adolphe Muzito ainsi que tant d’autres. Une foule de la communauté congolaise de l’Italie et celle du Vatican étaient aussi là.

Pour être plus explicite pour les délégations officielles, le Saint-Siège a publié la liste des représentants des gouvernements des nouveaux cardinaux – qui sont 10 électeurs et 3 non-électeurs de plus de 80 ans : le grand-duc Henri de Luxembourg ; le Grand maître de l’Ordre de Malte Fra’ Giacomo Della Torre del Tempio di Sanguinetto ; Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, président de la République démocratique du Congo ; le ministre britannique Younger di Leckie ; le ministre indonésien pour les religions Lukman Hakim Saifuddin ; la ministre des transports italienne, Paola De Micheli ; le ministre des Affaires étrangères marocain, Nasser Bourita ; la ministre de la Justice portugaise Francisca Van Dunem ; la vice-présidente du gouvernement espagnol Carmen Calvo Poyato ; le porte-parole du Sénat canadien George J. Furey ; et l’épouse du président de la République du Guatemala, Hilda Patricia Marroquín de Morales.

Dans son homélie portant un mot clé de l’Evangile : «  la compassion », François demande aux nouveaux cardinaux de témoigner de la miséricorde qu’ils ont reçu de Dieu, en mettant leur «cœur compatissant» au service de leur prochain.

Le Pape François devant les cardinaux à la basilique Saint-Pierre

Le Pape François a expliqué que la « compassion est écrite dans le cœur du Christ (…) elle semble être, ‘la disposition de son cœur’, dans lequel s’est incarnée la miséricorde de Dieu.» Il a donné plusieurs exemples afin de montrer combien cette attitude n’est pas occasionnelle ni sporadique, mais au contraire constante.

D’abord la purification du lépreux qui vient auprès de Lui en Galilée et qu’il purifie en le touchant de la main. On découvre alors la mission de Jésus «Rédempteur de l’homme», dans la compassion. «Il incarne la volonté de Dieu de purifier l’être humain malade de la lèpre du péché ; il est “la main tendue de Dieu” qui touche notre chair malade et accomplit cette œuvre en comblant l’abîme de la séparation». Ensuite, Jésus part à la recherche des personnes rejetées, qui n’ont plus d’espérance, a dit le Pape tout en évoquant le paralytique de Bethzatha.

La communauté congolaise d’Italie

Dans son homélie, le Pape a montré que l’amour de Dieu est inondé de compassion, une compassion qui a toujours été en Dieu, gravée en son cœur de Père comme en témoigne également le récit de la vocation de Moïse : «j’ai vu la misère de mon peuple (…) j’ai entendu ses cris (…) je connais ses souffrances».

François explique que l’amour de Dieu pour son peuple est imprégné de compassion, au point que, «dans cette relation d’alliance, ce qui est divin est compatissant, tandis que malheureusement, il semble que ce qui est humain en soit si dénué, si loin.» Le Pape regrette ainsi que les disciples de Jésus se montrent «souvent» être privé de compassion, comme le narre le récit évangélique choisi pour ce consistoire (Mc 6, 30-37a) lorsqu’ils se trouvent devant des foules à nourrir. «En substance, ils disent : Qu’ils se débrouillent». Le Pape déplore que des personnes religieuses voire responsables de culte témoignent cette attitude; que «le rôle que nous occupons ne suffit pas à nous faire devenir compatissants».

Les opposant du régime, Martin Fayulu et Muzito étaient aussi à la basilique Saint-Pierre

François met en garde contre les justifications données pour passer devant son prochain sans le voir. Ces indifférences  sont codifiées et donnent lieu à des «rejets institutionnels», comme dans le cas des lépreux qu’il est «normal» de tenir à distance, souligne le Pape qui avertit que « de cette attitude très, trop humaine dérivent aussi des structures de non-compassion».

Le Saint-Père invite les nouveaux cardinaux à s’interroger. D’abord, sont-ils conscients, d’avoir été objet de la compassion de Dieu? D’avoir été et d’être toujours précédés et accompagnés par sa miséricorde? Il affirme que cette conscience n’est «pas facultative». «Il s’agit d’une exigence essentielle. Si je ne me sens pas objet de la compassion de Dieu, je ne comprends pas son amour». Le Pape se demande : « Comment dès lors la communiquer, en témoigner, la donner? ». Il met en garde contre une attitude de condamnation et d’indifférence, des attitudes déloyales.

De cette conscience d’avoir reçu de la compassion dépend aussi «la capacité d’être loyal dans son ministère», qui peut conduire à verser son sang.

Le Pape demande enfin, par l’intercession de l’Apôtre Pierre, «la grâce d’un cœur compatissant, pour être témoins de Celui qui nous a regardés avec miséricorde, nous a choisis, nous a consacrés et nous a envoyés porter à tous son Évangile de salut».

La disponibilité d’un Cardinal à donner son propre sang – signifiée par la couleur pourpre du vêtement – est certaine lorsqu’elle est enracinée dans la compassion, reçue de Dieu et donnée à ses frères et sœurs.

Gel Boumbe

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