Candidat commun de l’opposition, Martin Fayulu n’a jamais pactisé avec Kabila

Candidat commun de l’opposition, Martin Fayulu n’a jamais pactisé avec Kabila

Enfin, le candidat commun de l’opposition tant attendu est là, Martin Fayulu Madidi, président de l’Engagement pour la Citoyenneté et le Développement

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Devant la presse à Bruxelles, Adolphe Muzito favorable à un candidat unique de l’opposition à la présidentielle
Enfin, une première pour Lamuka, les leaders en réunion stratégique au Congo

Enfin, le candidat commun de l’opposition tant attendu est là, Martin Fayulu Madidi, président de l’Engagement pour la Citoyenneté et le Développement, (Ecidé) et de la plateforme Dynamique de l’Opposition. C’est à l’issue de trois jours des négociations facilitées par la Fondation Koffi Annan à Genève en Suisse. L’homme a mérité le choix des sept personnalités de l’opposition dont quatre candidats à la présidentielle, Félix Tshisekedi, Vital Kamerhe, Freddy Matungulu et Martin Fayulu ; deux candidats invalidés Jean-Pierre Bemba et Adolphe Muzito et un candidat empêché de se présenter, Moïse Katumbi.

Les candidats présidents de la République de l’opposition

Tous les sept ont convergé leurs ambitions par un vote démocratique désignant un oiseau rare que l’on attendait moins. Ils ont aussi réfléchi sur un programme commun de gouvernement, le financement ainsi qu’une équipe de campagne commune.

Dimanche 11 novembre 2018, reste la date historique pour l’opposition qui a désigné, pour la première fois, un candidat commun à l’élection présidentielle en RDC. L’heure n’est plus à des prises de position contraires par les états- major de partis et regroupements politiques de l’opposition. La volonté des sept leaders de l’opposition a primé sur ce que certains croyaient être impossible. Les prophètes de malheur et leur prophétie sont passés à côté de la plaque. La rencontre n’a pas accouché d’une souris, comme croyaient certains, mais Dieu a disposé au-delà de leur souhait.

Aujourd’hui, ceux-là que la Majorité au pouvoir qualifie des « braillards » doivent se calmer pour regarder dans la même direction, celle de conquérir le pouvoir par le scrutin, prévu le  23 décembre prochain.

À l’issue de leurs travaux, ces derniers ont matérialisé l’unité de l’opposition par la signature de l’accord politique des forces de l’opposition et par la création d’une coalition dénommée Lamuka [réveille-toi, en lingala et en swahili]. Lamuka, c’est bien parce que ces sept leaders de l’opposition espèrent pouvoir compter sur la mobilisation de la population dans ce combat contre la machine à voter et le fichier électoral.

Candidats de l’opposition à la présidentielle à Genève en Suisse

Le candidat commun est avant tout le porte-parole de la coalition Lamuka. Il doit tenir compte de l’avis des six autres, mais aussi à leur accorder, en cas de victoire, les postes nécessaires à un équilibre des pouvoirs entre eux, jusqu’à ce que des véritables élections les départagent, comme dit l’accord qui les lie. Au cas de non tenue des élections le 23 décembre, les membres de la Céni comme Joseph Kabila doivent démissionner.

L’élection de Fayulu s’est réalisée à deux tours dont seulement les quatre candidats à la présidentielle ont voté au premier tour. Chacun pouvait donner deux noms : le sien bien sûr, et celui d’un de leur collègue. Aucun des quatre n’a choisi de voter pour celui qu’il considérait comme un concurrent direct. Et à ce jeu-là, précise la Rfi, ce sont les deux outsiders, Martin Fayulu et Freddy Matungulu, qui se sont retrouvés au deuxième tour.

Félix Tshisekedi aurait tout de suite reconnu  que : « La loi est dure, mais c’est la loi ». Pourtant grand perdant de ce premier tour, et bien conscient de l’hostilité de certains cadres de son parti vis-à-vis de toute autre candidature que la sienne.

Au second tour, les sept leaders ont donc ensuite voté et élu Martin Fayulu à la majorité. Le résultat défiant tous les pronostics, les commentaires n’ont pas manqué, comme celui d’un activiste : « C’est quand même une leçon pour le FCC, une leçon de démocratie ».

Un homme qui n’a jamais pactisé avec le pouvoir de Kinshasa

Martin Fayulu, président de l’ECIDE

A 62 ans, Martin Fayulu  qui n’était pas très connu jusqu’ici au-delà de Kinshasa, sa ville natale et qui s’est engagé en politique depuis 1990, n’a jamais pactisé avec le pouvoir de Kabila. Il est diplômé en économie de l’université Paris XII et détenteur d’un MBA à l’European University of America, à San Francisco, en Californie.

Elu député en 2011, il est d’abord passé par les affaires avant d’embrasser une carrière politique. Après des études à Paris puis à San Francisco aux Etats-Unis, Martin Fayulu rejoint le groupe pétrolier Mobil en République démocratique du Congo dont il va gravir toutes les échelons jusqu’à occuper le poste de directeur général pour l’Ethiopie.

Son engagement politique date des années 1990, lorsqu’il participe à la Conférence nationale souveraine. Il est déjà à l’époque dans le camp de l’opposition au Maréchal Mobutu Sese Seko.

Très proche des positions de la société civile et des mouvements citoyens, Martin Fayulu n’hésite pas à mouiller sa chemise. Il a été arrêté à deux reprises au moins pour sa participation dans des manifestations interdites par le pouvoir. Il aussi été blessé lors de la marche de l’opposition.

Gel Boumbe

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