Après des brutalités policières, deux ministres promettent des enquêtes contre les services officiels

Après des brutalités policières, deux ministres promettent des enquêtes contre les services officiels

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M. Steve Mbikayi, Ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire, a décidé de mener des enquêtes au sein des services d’agents de l’ordre après des accusations contre ces forces lors de la répression de la manifestation des étudiants, le mercredi 24 janvier 2018. Ils ont protesté contre le taux pratiqué par l’Université de Kinshasa pour les frais académiques.

 

La réaction de M. Steve Mbikayi intervient après celle de Mme Marie-Ange Mushobekwa, ministre des droits humains, au lendemain des accusations de brutalités et bavures policières contre les manifestants catholiques pacifiques dans le pays. Dans les deux cas, vols de portables et autres effets privés ont été pratiqués à large échelle par des agents de l’Ordre plus épris d’indiscipline. Le premier des ministres s’est exprimé dans une radio nationale et la seconde dans une radio internationale. Mme Mushobekwa a tenté de contenter tout le monde en se déclarant catholique pratiquante et respectueuse du cardinal Monsegwo tout en veillant à la loi avec le souci du respect de la procédure des marches pacifiques.

Souci de pacification du Ministre Mbikayi

 

Minstre Steve Mbikayi

Minstre Steve Mbikayi

Dans le souci de pacification des esprits à l’Université de Kinshasa, M Steve Mbikayi s’est empressé de passer le message clarification sur les chaînes nationales pour rappeler que depuis la réunion des Ministres il y a deux semaines, le gouvernement a décidé que les frais académiques doivent être payés au taux de l’année passée soit 960 francs le dollar américain. Le ministre veut éviter à tout prix l’année blanche. Toutefois la deuxième revendication des étudiants, la réhabilitation de trois étudiants radiés pour participation à une marche politique n’a pas été satisfaite. La tension reste palpable à l’Unikin. Eléments des Forces de l’Ordre et étudiants se regardent en chiens de faïence.
Fort scepticisme en particulier des étudiants et du public en général

Scepticisme général

Les deux annonces ont suscité les mêmes réactions de scepticisme des auditeurs des radios tant nationales qu’internationales à Kinshasa. Ils n’ont pas manqué de le dire parfois en des termes non convenables sur les antennes. Les ministres sont obligés de se confier aux services d’Etat pour enquêter. Des étudiants interviewés par les chaînes de proximité se désolent de la perte de leurs biens et particulièrement de leurs ordinateurs et du saccage de leurs notes. Des policiers, non formés, sont allés jusqu’à pénétrer dans les homes des étudiants. Et pourtant lorsque des manifestants rompent les lignes et s’enfuient, la police cesse la poursuite car le danger d’affrontement direct est écarté.

La même réaction de scepticisme a eu lieu à l’annonce des enquêtes gouvernementales à mener par la ministre des droits humains. Comment repérer des policiers brutaux quand lors des répressions policières, les agents ne portent pas de numéros d’identification comme les agents de la police de roulage ? Certains comme ceux de la Légion PIR sont encagoulés. La légion PIR est destinée à lutter contre le grand banditisme et le terrorisme. Ses membres sont très physiques dans leur action. L’autre difficulté évoquée est le temps pris pour annoncer le résultat des enquêtes menées depuis janvier 2016. Les agents auteurs de morts d’hommes prestent toujours dans la police. Le public n’y croit plus car, de façon ironique, il pense que le résultat des enquêtes actuelles va venir après les élections de fin d’année 2018.

L’avocat de GEKOKO, homme politique, veut porter plainte

Une autre affaire malheureuse est venue s’ajouter à la longue suite des bavures policières. Gérard Kongolo wa Kongolo, appelé familièrement GEKOKO, a été amené selon son avocat à l’hôpital à Kinshasa. Il est d’après cet homme de droit dans un état de santé fortement détérioré. Arrêté depuis le 10 novembre 2017, il n’a pas bénéficié des visites de sa famille ni de son avocat. Maintenu au secret depuis lors, il est réapparu depuis peu alors que son dossier a été transmis il y a longtemps à la justice auprès du procureur Kenekene. GEKOKO a été accusé d’outrage au Président de la République et gardé par les services secrets.

Rombaut Kamwanga

 

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