A qui profitent les crimes récurrents commis à Beni ?

A qui profitent les crimes récurrents commis à Beni ?

« A qui profite le crime ? » C’est la première question que se pose la police ou  l’équipe d’enquêteurs sur un meurtre ou un assassinat. Après les tue

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« A qui profite le crime ? » C’est la première question que se pose la police ou  l’équipe d’enquêteurs sur un meurtre ou un assassinat. Après les tueries de Beni du samedi 22 au dimanche 23 septembre 2018, lesquelles ont fait entre 18 et 24 morts, bien des personnes cherchent à savoir aujourd’hui à qui bénéficient les crimes commis à Beni.

A chaque massacre, on parle des présumés rebelles ADF ou ADF-Nalu. ADF signifiant en anglais « Allied Democratic Forces » ou en français « les Forces démocratiques alliées ». Il est reconnu comme un groupe armé ougandais regroupant des mouvements d’opposition au président Yoweri Museveni, créé, selon certaines sources, en 1995.

En quoi les tueries perpétrées en RDC peuvent avoir un impact en Ouganda contre le régime du président Yoweri Museveni ? Dans la mesure où la situation sécuritaire interne en Ouganda est sous contrôle, il est difficile d’espérer un impact quelconque dans ce pays. C’est un mouvement rebelle qui n’inquiète nullement le pouvoir ougandais. Peut-être qu’il faut remonter des lustres pour retrouver des traces de ses actions en Ouganda. En un mot, les tueries effectuées en RDC par les rebelles ougandais n’ont aucun impact politique sur la politique en Ouganda.

Dans la situation des ADF-Nalu, pour mieux mettre le pouvoir ougandais en péril, un mouvement rebelle n’a aucun intérêt à tuer la population locale pour que l’armée de ce pays et la population ne se retournent contre lui. A la rigueur, un mouvement rebelle peut chercher à voler du bétail et des denrées alimentaires pour pouvoir vivre. Ce qui n’est pas le cas avec ce mouvement rebelle.

Que peut alors viser un mouvement rebelle replié dans un pays étranger en tuant la population locale ? C’est là le nœud du problème. Une telle action ne servira qu’à entretenir l’insécurité dans la région. C’est le cas aujourd’hui, mais alors en quoi cette action est-elle bénéfique pour un mouvement rebelle ? Il faut faire souffrir les matières grises pour trouver une réponse à cette question.

En décembre 2017, les mêmes présumés ADF avaient tué 15 casques bleus tanzaniens de la Mission de l’ONU pour la stabilisation de la paix au Congo. Selon des informations diffusées à l’époque, ces rebelles avaient l’uniforme des soldats congolais. C’est ce qui leur a permis d’entrer aussi facilement dans la base de l’ONU. Comment se sont-ils procuré cet uniforme de l’armée congolaise ? C’est là que ce mouvement devient une nébuleuse.

Dans un communiqué des FARDC daté du 27 septembre 2018 et publié par quelques médias dont l’Agence France presse, l’armée congolaise accuse « une coalition terroriste internationale regroupant des sujets ougandais, rwandais, burundais, kenyans, tanzaniens, sud-africains, mozambicains ainsi que d’autres renégats œuvrant à partir de certains pays voisins« , d’être responsables des tueries et autres atrocités à Beni, Uvira et Fizi.

Cela confirme que c’est une structure nébuleuse. Il est incompréhensible de constater que la direction d’ADF-Nalu n’a jamais réagi à toutes les atrocités portées contre son mouvement. Y a-t-il encore un commandement de ce mouvement rebelle ? La question reste posée et vaut son pesant d’or.

Si tous ces ressortissants étrangers s’assemblent pour terroriser la population de Beni, ce ne serait sans doute pas pour faire partir Museveni du pouvoir mais entretenir la peur dans la région et chercher à faire fuir la population locale. Pire encore, maintenir un climat de terreur dans la région pour ne pas organiser des élections ou faire en sorte que l’Etat congolais soit absent dans ces coins. Dans ces conditions, les tueries ne profitent guère à un mouvement rebelle étranger car ses actions n’ont aucun effet dans son pays d’origine.

Il y a plus de 5 ans, un vieux journaliste kinois revenant d’un séjour à Beni a dit à qui voulait l’entendre que si l’on veut faire décoller économiquement la RDC il faut le faire à partir de Beni. Cette action ne viserait-elle pas à mettre un terme au progrès réalisé par les Congolais dans cette partie du pays ?

Dans tous les cas, les crimes commis à Beni ne profitent pas à la rébellion ougandaise des ADF-Nalu. On pourrait penser à des Congolais ou des soi-disant congolais qui seraient derrière cette histoire. Dossier à suivre.

La Rédaction

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