10ème épidémie d’Ebola : la plus meurtrière de la RDC

10ème épidémie d’Ebola : la plus meurtrière de la RDC

Déclarée début août 2018 dans la petite ville de Mangina au Nord-Kivu, l’épidémie de fièvre hémorragique à virus Ebola continue à faire des victimes d

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Déclarée début août 2018 dans la petite ville de Mangina au Nord-Kivu, l’épidémie de fièvre hémorragique à virus Ebola continue à faire des victimes dans cette partie de la RDC. C’est une première, depuis la première apparition de cette épidémie que celle-ci dure aussi longtemps et fasse autant de morts.

Mesures d'hygiène

              Lavement de mains

Les réticences à la riposte de l’épidémie d’Ebola semblent s’accroitre et cela occasionne la propagation dans la région malgré l’élargissement de la zone touchée. Tout compte fait, le virus Ebola s’est répandu dans une dix-huitième zone de santé, dans la province du Nord-Kivu, celle de Kayina. Selon le ministère de la santé de la RDC, Dr Oly Ilunga à Katwa, la grande majorité des contacts des nouveaux cas confirmés identifiés refusent la vaccination et le suivi. La réticence a même atteint un niveau très élevé. C’est ainsi que des investigations sont désormais en cours pour déterminer où a eu lieu la  contamination et identifier la chaîne de transmission.

D’après MSF, face à cette situation, l’ONG  renforce également ses activités. Elle a ainsi procédé à l’agrandissement du centre de traitement Ebola (CTE) de Butembo de 64 à 96 lits et à l’ouverture d’un nouveau CTE à Katwa.

Les zones de santé de Katwa et Butembo, principaux foyers d’Ebola

Les zones de sante de Katwa et Butembo constituent les principaux foyers actuels de l’épidémie ayant rapporté 65% de nouveaux cas confirmés enregistrés au cours des 21 derniers jours. La principale difficulté à Katwa est la réticence des proches de cas confirmés. La majorité de nouveaux cas confirmés identifiés à Katwa sont des contacts réticents ayant refusé la vaccination et le suivi des contacts. Ainsi, les dix derniers cas confirmés de Katwa dans l’aire de santé de Muchanga ont des liens de famille ou de voisinage.

Le respect des mesures d’hygiènes demeure

Le ministre de la Santé, Oly Ilunga a rappelé à cet effet que la réponse contre Ebola est avant tout communautaire. Les recommandations du ministre de la santé sont les mêmes. Elles concernent notamment le respect des mesures d’hygiène de base, entre autres le lavage régulier des mains à l’eau et au savon ou à la cendre ; si une connaissance venant d’une zone en épidémie vient en visite et qu’elle est malade, ne pas la toucher et appeler directement le numéro vert de la protection civile du Nord-Kivu ; si quelqu’un est identifié comme contact d’un malade d’Ebola, il doit accepter d’être vacciné et suivi pendant 21 jours ; si une personne décède à cause d’Ebola, respecter les consignes pour les enterrements dignes et sécurisés. Il s’agit d’un mode d’enterrement qui respecte les coutumes et traditions funéraires tout en protégeant la famille et la communauté de la contamination par le virus Ebola.

Par ailleurs, le coordonnateur de la riposte contre la maladie à virus Ebola dans les provinces du Nord-Kivu et l’Ituri, le Dr Aruna Abedi, a annoncé des mesures pour empêcher la propagation de cette épidémie au reste de la RDC. Elles concernent notamment l’installation de points de contrôle épidémiologiques à la sortie et à l’entrée de certaines zones déjà touchées par Ebola pour surveiller les déplacements des personnes contagieuses.

D’après le dernier rapport du ministère de la santé publique congolais datant du 19 janvier 2019, l’épidémie de fièvre hémorragique à virus Ebola dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri fait état de 685 cas (dont 89 ces trois dernières semaines) dont 636 confirmés. Parmi eux, 416 sont décédés et 244 personnes ont été guéries. En outre, 142 cas sont en cours d’investigation. D’après le rapport 62 000 personnes auraient bénéficié d’une vaccination, dont on ne connait pas, néanmoins, le niveau d’efficacité. Ces chiffres ne permettent pas d’appréhender parfaitement l’inquiétante évolution de la situation.

Il sied de souligner que ce dit rapport informe également que  depuis le début de la vaccination le 8 août 2018, 63.061 personnes ont été vaccinées, dont 20.042 à Beni, 13.449 à Katwa, 7.143 à Butembo, 5.822 à Mabalako, 2.433 à Kalunguta, 2.080 à Komanda, 1.811 à Goma, 1.663 à Mandima, 1.477 à Oicha, 1.157 à Karisimbi, 877 à Vuhovi, 774 à Kyondo, 750 à Masereka, 700 à Lubero, 599 à Mutwanga, 442 à Musienene, 434 à Bunia, 355 à Tchomia, 260 à Biena, 238 à Kayina, 167 à Nyankunde, 127 à Kirotshe, 125 à Nyiragongo, 63 à Alimbongo et 13 à Kisangani.

Pétronelle Lusamba

 

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